30 janvier 2009
Super Espoir...
Trois grandes et merveilleuses nouvelles hier soir, à la réunion de notre organisme Têtes ensemble SOS Haïti...
1) Nous pourrons sauver la petite fille!!!! En effet, grâce aux contacts de la responsable à Roche-à-Bateau, nous pourrons organiser un parrainage pour elle, en commencant par la faire voir par un médecin et à lui assurer des repas tous les jours pour la remettre sur pied. La mère a trouvé un petit travail au village donc on est assuré qu'elle restera là et, ayant donné ses 4 autres enfants comme restaveks, elle sera bien heureuse d'avoir les moyens de s'occuper de sa petite dernière. Nous enverrons au coordonnateur des projets de Roche à Bateau 100$ pour qu'il s'occupe des soins urgents à donner à l'enfant et une gentille maman-amie adoptante a proposé de la parrainer ensuite. Tout le monde est fou de joie chez nous!
2) La classe d'alphabétisation a été ouverte à notre école de Roche à Bateau, l'après-midi, et elle accueille déjà 20 élèves, dont notre petite restavek. Et des jeunes qui n'avaient pas eu la chance d'apprendre à lire et à écrire jusqu'à maintenant... Je suis tellement contente...
3) Histoire sordide à l'école de Catherine et Isabelle : un jeune d'origine haïtienne qui avait organisé plusieurs levées de fonds pour notre organisme avait été renvoyé en Haïti il y'a quelques semaines par sa belle-mère, fatiguée de s'en occuper. Elle l'avait tout simplement emmené aux Gonaïves, lui avait enlevé son passeport et l'avait abandonné là, sans argent et sans ressources! Ben oui. Brillant. L'école et ses amis se sont alors mobilisés pour ramasser de l'argent pour ce jeune et pour organiser son retour et notre organisme a participé à la levée de fonds et a aussi contacté des gens aux Gonaïves pour l'aider. Résultat : le jeune est revenu hier au Canada et il ira habiter avec un ami. Je l'avais rencontré lors d'une levée de fonds et je l'avais beaucoup aimé : un jeune poqué par la vie mais plein d'énergie et de potentiel. J'espère qu'il s'en sortira et qu'il canalisera toute cette énergie et ce potentiel pour réussir dans la vie, il le mérite!
28 janvier 2009
Désespoir...
Des photos qui en ont ému plusieurs et qui me font encore mal au coeur...
Cette petite fille ci-haut est condamnée. Trop petite, trop malade, elle est atteinte de kwashiorkor, une maladie très grave et potentiellement mortelle, comme Catherine l'a bien expliqué dans son dernier travail pour l'école (les photos de son vidéos ont été prises sur Internet) :
Cela nous fend le coeur à Jacques et moi mais nous ne pouvons rien faire pour cette enfant. Sa mère en a 4 autres, elle est jeune, elle continuera à en avoir et la plupart mourront avant d'avoir 10 ans, comme bien des enfants en Haïti. Nous ne savons pas son nom, il faudrait aller vivre là-bas un mois ou deux pour essayer de régler la situation et, pendant ce séjour, nous verrions des dizaines, des centaines d'enfants comme elle...
J'ai de la peine aussi pour ces petites restaveks, enfants-esclaves souvent maltraitées par leur patronne, qui dorment sous la table et sont nourries comme les chiens. Petites filles au regard éteint, sans espoir. Il ne faut pas trop penser en Haïti, on pleurerait sans cesse...
Et ces jeunes que j'ai rencontrés à l'orphelinat aux Gonaïves, fougueux, heureux, instruits, brillants! Quel avenir les attend quand ils auront 18 ans et qu'ils seront lâchés à eux-mêmes dans une ville perdue, détruite? Leur seul espoir : l'école de métiers mais serons-nous capables de la réaliser? Et quand? Comment?
Tant de questions, tant de besoins, tant de doutes, tant de chagrin...
24 janvier 2009
Journal de voyage 4
SAMEDI 10 JANVIER, 21H00
Cela nous prend environ 1h30 de Port-au-Prince jusqu’à Moulin-Sur-Mer où nous déjeunons assez pour pouvoir tenir jusqu’au soir (miam le jus d’orange et les mangues!).
Ensuite, nous devons encore rouler environ 3 heures 30 jusqu’à
l’orphelinat. Non seulement la route est
affreuse mais elle est en grande partie en sable qui revole partout, couvrant de
gris la nature et les malheureux qui la parcourent à pied, en tap-tap ou sur le toit d'un autobus.
Et, non seulement faut-il éviter les trous et les bosses mais aussi les ânes, chèvres, chiens, enfants, motocyclistes, processions funèbres, marchands, vélos, etc…
Remarquez la nudité du paysage et des montagnes et comme nous étions "bardassés"
(et cà a été comme cà pendant 3h30!)...
Nous nous retrouvons au moins deux fois coincés dans la foule d’un marché en plein-air, trafic intense, une foule compacte, vraiment spécial et un peu stressant!
Il y'a beaucoup de rizières le long de la route mais, curieusement, le riz haïtien est plus cher que le riz blanc importé des Etats-Unis... Incompréhensible...
Nous finissons par arriver aux Gonaïves où la désolation
règne encore, 4 mois après les ouragans et les inondations. Partout des montagnes de boue, les gens
travaillent encore à nettoyer leur maison ou à essayer de la reconstruire sur
un amas de boue séchée. C’est sale,
c’est triste, c’est anarchique, c’est désolant… Certaines maisons sont
abandonnées dans la plaine encore inondée, c’est terrible.
L’orphelinat nous semble une oasis dans un désert de misère. Les enfants se jettent littéralement sur Renette quand elle sort de l’auto et ils viennent ensuite tous nous donner un bisou à François et moi. Ils sont une centaine et tous plus adorables les uns que les autres, grands et petits.
L’orphelinat est magnifique, propre, très grand mais il y’a tellement d’enfants, ils doivent coucher à 2-3 par lit au moins! Mais les toilettes sont belles, tout est impeccable. C’est vraiment impressionnant!

De gauche à droite et de haut en bas : le dortoir des filles, la réserve d'eau potable,
une des salles de bains, vue d'une partie de l'orphelinat
Quand on pense à l'endroit où Renette les avait découverts quand on cherchait des enfants à aider aux Gonaïves pour fonder notre orphelinat en 2004 :
Les enfants sont assis sagement dans la salle de classe en
plein-air qui ne sert qu’à ceux qui ne vont pas à l’école primaire ou
secondaire aux Gonaïves, grâce à leurs parrains. Ils nous chantent une chanson de bienvenue
qui remercie Têtes Ensemble SOS Haïti de les avoir sauvés, etc.
Nous les prenons ensuite en photo pour le
parrainage, individuellement. François
note leur nom sur un tableau effacable, me le passe, je le remet à l’enfant
pour qu’il le tienne devant lui et « clic ». Cà roule! Au moins, ici, les enfants n’ont pas peur de nous!
Renette nous demande de leur distribuer les suçons. François se lance courageusement dans l’arène. C’est la ruée, il essaie bien
de leur faire faire une ligne mais cela ne dure pas. Distribution aussi des vêtements, souliers et ballons de soccer...
On distribue au hasard, en essayant de repérer les plus petits avant qu’ils ne se fassent piétiner et les coquins qui essaient d’en prendre plusieurs!
Trois grandes me prennent à part pour me demander de leur rapporter une chaîne pour le cou, des boucles d’oreille (dans une jolie boîte) et de la crème pour les cheveux, la prochaine fois. Je note leurs noms et leurs demandes. Mais y aura-t-il une prochaine fois?
Nous allons ensuite voir le terrain que nous voulons acheter pour y construire un centre communautaire et une école de métiers. Très beau et grand terrain.
4 grandes nous accompagnent ensuite avec Sonel, le
responsable de l’orphelinat et propriétaire du terrain, chez un notaire des
Gonaïves dont le bureau est situé dans une maison qui a subi l’inondation :
c’est petit, sale et, surtout, sombre (pas d’électricité). Heureusement que nous avons une lampe de
poche, Jean-René la tiendra pendant l’heure 30 que dureront les transactions.
Pendant ce temps, François se fait taquiner et « cruiser » par les 4 belles jeunes filles qui nous ont accompagnés et par la femme du notaire qui l’assomme de questions sur ses études, ses petites amies, etc. Pauvre François, lui qui aime tant parler ;-))
Ensuite, nous reprenons la route vers Moulin-sur-Mer. Ouille, ouille, vraiment pas un cadeau, surtout la dernière partie entre St-Marc et Moulin-sur-Mer qui est particulièrement cabossée et se fait dans le noir. Dans les villes, c’est particulièrement stressant avec les dizaines de motos, piétons et véhicules qui slaloment autour de nous, souvent sans lumière…
Nous cherchons Moulin-sur-Mer pendant de longs kilomètres après St-Marc. Nous savons que l’hôtel est à peine annoncé par une pancarte trop discrète et François se souvient qu’il est situé après un trou particulièrement impressionnant. Un trou?? Un précipice, oui! Quel soulagement quand nous trouvons enfin l’hôtel! Petit dilemme au moment de payer : forfait ou pas forfait? Sans les repas, il nous en coûte 88$ pour la chambre, avec les 3 repas 176$. U.S. Nous nous décidons pour le « sans forfait » mais changeons d’idée quand nous voyons les prix des repas à la carte! Même à 40$ par personne pour les 3 repas, cà revient beaucoup moins cher que de payer à la carte où le plus petit plat principal coûte 20$! Heureusement que le préposé à l’accueil est patient. Les chambres sont grandes et agréables, le souper succulent : bisque de homard, poisson (un GROS morceau, je n’en mangerai que la moitié), riz, frites (mioum), épinards, tomates et salade de fruits. Notre forfait nous donne aussi droit à 5$ en liqueur/boisson (hé hé, un bon rhum-punch avec cà!). Pas si pire finalement!
Une petite douche fraîche (même à 176$ la nuit, on oublie l’eau chaude, mais c’est quand même mieux que l’eau glaciale à Villa Manrese!), un peu d’écriture et de lecture et dodo…
21 janvier 2009
Journal de voyage 3
VENDREDI 9 JANVIER
Lever vers 7h00. Nous nous préparons pour partir aux Cayes. Jean-René stresse un peu car nous ne savons pas qui nous y amènera et nous ne pouvons manquer notre avion, à 12h45. À cause de la pénurie d’essence, de moins en moins de véhicules circulent. Renette finit par être prête vers 9h40, nous allons l’attendre au coin de la rue, en espérant voir un tap-tap, après avoir dit au revoir à Ewens.
Non mais, regardez-moi ces belles rues!!! Les petits kiosques comme on voit en arrière-plan fleurissent partout le long des routes, ce sont des kiosques de vente de billets de loto, très très populaires chez les haïtiens...
Sinon, voyage difficile : la route est très mauvaise sur une partie du voyage, le vent nous fouette le visage, et mes jambes ont des crampes à force d’être écrasées sous les valises et les gens.
Je retrouve la terre ferme aux Cayes avec soulagement!
Il nous faut encore nous rendre à l’aéroport! Qu’à cela ne tienne, Renette engage 4 motocyclistes en scooter pour nous conduire avec armes et bagages à l’aéroport (15 km). François, incrédule, regarde la montagne de sacs, les 4 passagers adultes et les petits scooters qui devront soutenir tout cà en plus de leur conducteur. Incroyablement, tout tient!! J’embarque en amazone (robe longue oblige), aie aie aie, derrière mon chauffeur, j’agrippe sa taille d’une main et le porte-bagages de l’autre et nous voilà partis… Je m’empêche de penser à mes jambes qui pendent dans le vide, à mes sandales qui tiennent à peine, au fait que le chauffeur doit avoir un mal de chien à équilibrer tout ce poids mal réparti et aux conséquences d’une chute à cette vitesse, sans casque. Je sens que mon équilibre est bien précaire et je n’ose même pas regarder François qui nous suit, le sourire fendu jusqu’aux oreilles. Je suis bien contente quand on finit par arriver!! Nous sommes même largement en avance et nous avons le temps de boire un peu et de relaxer avant d’enregistrer nos bagages en gardant ceux dont nous avons besoin avec nous (pas fous, on ne se fera pas prendre deux fois!).
Mais toutes nos bagages suivent, bravo, et le vol est relativement tranquille. Mais, ouf, que je trouve que cà brasse quand on passe dans les nuages, un petit avion!
Bon, une autre heure d’ « effouarage » à l’aéroport régional de Port-au-Prince, le temps que Renette organise notre transport jusqu’à Villa Manrese puis jusqu’aux Gonaïves demain, puis elle arrive avec son cousin qui nous amène chez lui . Heureusement qu’il ne reste qu’à quelques pas de l’aéroport! Nous restons chez lui quelques heures, il est très gentil et je bavarde très convivialement avec lui pendant que Renette et Jean-René vont chercher l’auto louée. Il nous fait visiter sa boulangerie et goûter à son pain encore chaud. Un vrai délice ! François joue avec les deux plus jeunes filles du cousin de Renette, Laurie, 8 ans et Naticha, 3 ans, et tous les 3 développent une belle complicité. Je ne sais pas qui des deux petites filles ou de François a été le plus malheureux de devoir partir. Les petites ont demandé à François quand il reviendrait, Laurie lui a donné son numéro de téléphone et François a demandé à Renette si on retournerait les voir avant de reprendre l’avion.
Bon, 17h00, il est temps de partir à Villa Manrese si nous
ne voulons pas manquer le repas. Circulation
toujours impossible à Port-au-Prince mais nous finissons quand même par
arriver, à 17h45. Je surveille les
bagages dans l’hôtel pendant que Renette et Jean-René s’occupent de l’auto. En voyant les dizaines de jeunes hommes qui
circulent partout dans la Villa, je m’inquiète un peu pour notre réservation
et, comme de fait, la responsable nous dit que nous n’aurions pas dû pouvoir
réserver, que tout l’hôtel est occupé. Heureusement,
elle finit par nous trouver 4 chambres, toutes avec salle de bain : le jeu
bien typique des haïtiens, quoi!
Excellent souper de hot-dogs, riz, viande… Le riz haïtien
est tellement bon (heureusement car on en mange à tous les repas!).
Ensuite, malgré notre besoin pressant d’aller au dodo,
il nous faut aller payer et organiser
nos bagages pour les entreposer pendant notre séjour aux Gonaïves. Nous partons demain à 6 heures du matin.
Ensuite, dodo!
Enfin…….. quand le roman-savon tonitruant écouté par quelques locataires et les douches de la toilette commune voisine seront terminés……
17 janvier 2009
Journal de voyage 2
JEUDI 8 JANVIER
Nous profitons de la lumière matinale pour découvrir un peu plus notre environnement, étant arrivés dans la nuit hier soir. Bien sûr, c’est la mer qui nous attire et, surtout, les scènes bucoliques qui se déroulent devant nous, alors que les marchandes se dirigent vers le marché hebdomadaire de Roche à Bateau, à quelques centaines de mètres de la maison.
François découvre rapidement les inconvénients d’être de la « mauvaise » couleur et de faire partie de la minorité très visible. Nous attirons tous les regards et les jeunes curieux collent à nos basques dès que nous mettons le nez dehors.
Nous déjeunons tranquillement de gruau et de pain beurré. Et de bon café haïtien, bien fort. Renette a dû fortifier les murs entourant sa maison en rajoutant des barbelés et de la vitre cassée sur le dessus, les enfants du village n’hésitant pas à grimper sur le mur pour les observer à longueur de journée…
Comme nous prévoyons manger du poisson à midi, il nous faut aller l’acheter frais pêché au marché. L’excitation de vivre un tel évènement est vite remplacée par l’agacement et le malaise d’être dévisagés et interpellés sans arrêt, surtout par les enfants « blanc, blanc! ». François demande rapidement grâce et nous nous dépêchons de lui trouver des sandales avant de sortir de cette foule harcelante. J’ai aussi acheté une jolie robe soleil réversible parmi les nombreux vêtements usagés offerts par les marchandes. Nos bagages ne sont pas encore arrivées et nous ne sommes pas sûrs de les avoir un jour! Je ne regretterai d’ailleurs pas mon achat, ce sera le vêtement le plus pratique et le plus porté de mon voyage…
Je vais visiter l’école et la maison des personnes âgées
dont Renette s’occupe. Nous rencontrons ses protégés, dont l'un, aveugle, est accompagné par sa toute petite femme triste qui s'occupe de lui jour et nuit. Quelle
tristesse!
Je n’en crois pas mes yeux quand Renette me montre une minuscule pièce où dorment un couple et ses 7 enfants! Et où s’est rajoutée une maman squatteuse et sa toute petite fille, visiblement en état de malnutrition. François la nourrit à la cuillère.
En arrière-plan, le papa et 3 de ses 7 enfants. Ils dorment tous les 9 dans cette pièce minuscule :
Dans l’école, l’enseignante classe une boîte de dons envoyée par une enseignante canadienne : c’est un scandale, une vraie poubelle, ma boîte de recyclage contient plus de trésors que cette horreur! Je suis vraiment indignée.
14h30 : yes, les nouvelles sont bonnes! Les bagages sont finalement arrivées et le neveu de Renette nous les amène. Nous avons commencé la distribution du riz et des souliers donnés par « Food for the Poor. Un des sacs de riz est totalement impropre à la consommation, plein de bibittes, de cancrelats, pestilentiel, beurk, et les souliers, bien que neufs, ont l’air d’avoir été trempés dans l’huile et leurs semelles sont à moitié décollées. Drôle de don!
François assiste à la décapitation de notre souper, son air écoeuré fait bien rire la cuisinière, surtout quand l’un des poulets, bien que « mort » depuis 10 minutes, reprend soudainement vie alors que nous venons de l’apporter à la cuisine, saute hors du panier et court partout, sans tête… François suit avec intérêt la suite des opérations.
Poisson à midi, miam!
Quelques points saillants de la journée :
- Une petite fille restavek vient voir Renette, envoyée par sa patronne car elle a de la fièvre. Renette lui donne du Tylénol. Le soir, on prend des nouvelles, elle va mieux. Elle est revenue le lendemain matin, je lui ai trouvé des souliers. Pauvre cocotte… Renette se propose d'ouvrir une classe d'alphabétisation l'après-midi pour les enfants-esclaves comme elle et pour les plus vieux qui n'ont jamais été à l'école, je lui offre de payer un autre professeur pour ces enfants. Après tout, je travaille maintenant!
La curiosité que nous soulevons sur notre passage est dérangeante, les petits enfants ont peur, certains pleurent quand nous passons près d’eux et des grands s’amusent à les pousser vers nous pour le plaisir de les voir hurler plus fort. Un peu traumatisant. Nous assistons de loin à une guéguerre (combat de coqs).
- Tard en soirée, Renette accueille un de ses vieux pensionnaires pour lui essayer le costume chic qu'elle lui a apporté. C'est un costume en prévision de ses funérailles et, devant mon air stupéfait, elle m'explique que l'un des grands chagrins de ces gens très pauvres est de ne pas pouvoir être habillé décemment dans leur cercueil. Et, comme de fait, le vieux monsieur est heureux comme un roi de se voir habillé en roi et de savoir qu'il sera beau à son enterrement!
16 janvier 2009
Journal de voyage 1
Le trajet de notre voyage : de Port-au-Prince aux Cayes, en avion, des Cayes à Roche à Bateau dans la boite d'un pick-up aller-retour, avion pour revenir aux Cayes puis 4X4 loué et chauffeur pour le reste du voyage (le luxe!) sans oublier un petit tour en moto-taxi!
MARDI 6 JANVIER
On repèse les bagages à l’aéroport, ouf, la plus lourde valise pèse 22.8 kilos, 200 grammes sous la limite permise! Quelques transferts de dictionnaires et on passe à l’enregistrement. Nos passeports sont échus dans 2 mois, les accepteront-ils? Ouf, cà passe! Je n’en reviens pas, tout a bien été, les bagages se dirigent vers l’avion (espérons vers le bon) et nous vers le Tim Horton. En ouvrant mon sac de cabine, je découvre un… tire-bouchons (???), heureusement avant de passer aux douanes! Il restera sur la table du Tim Horton.
Évidemment, je sonne aux douanes (souliers). Dans la salle d’embarquement, je vais remplir nos 4 bouteilles d’eau (passées vides aux douanes), très important d’avoir de l’eau en arrivant à Port-au-Prince!
Notre avion nous attend…
...Sauf à l’atterrissage alors que le pilote « manque » (??) son premier atterrissage et doit remonter et refaire un tour pour essayer de nouveau. Très stressant.
Surprise à l’arrivée : un homme nous attend avec une pancarte portant nos noms (mal orthographiés mais reconnaissables quand même) et nous dirige vers le salon diplomatique où on s’occupe de nos documents et d’aller chercher nos bagages! La grande vie! Pendant ce temps, nous nous écrasons dans des fauteuils, à l’air presque climatisé.
Renette arrive, nous discutons en attendant nos bagages qui arrivent environ 1h30 plus tard.
On embarque tout dans un gros 4X4 déglingué et direction Villa Manrese, dans les hauteurs de Port-au-Prince. Sacrées côtes, on se demande si l’auto résistera!
Villa Manrese : oasis de fraicheur et de paix. François se change en short : mal lui en prend, il se fait avertir par une sœur… en robe pas mal courte! Je me change en jupe, intimidée par l’air sévère de la sœur sexy.
L’hôtel domine Port-au-Prince, grandiose au niveau de son architecture et de son environnement : palmiers, bananiers, arbres fleuries, cajous (arbres de noix d’acajou), oiseaux-mouches, hirondelles et oiseaux-chanteurs. Rajoutez une petite brise et il est facile d’oublier les bidonvilles sur les montagnes environnantes! Les chambres sont ultra-simples, l’électricité souvent défaillante (mais un système de génératrices compense).
MERCREDI 7 JANVIER
Réveil à 5h30, avec le concert des oiseaux et des coqs. A 6 heures, joli chœur dans la chapelle et déjeuner à 7h00. Je vais payer ensuite : 2650 gourdes pour la nuit avec déjeuner et souper pour deux personnes (= environ 33$ par personne, très raisonnable!).
11h15 : nous sommes à l’aéroport régional de Port-au-Prince, pour attendre notre vol vers les Cayes après un voyage exceptionnellement éprouvant entre l’hôtel et l’aéroport. Mettons que je me serais passée des 30 minutes à attendre Renette coincés avec notre chauffeur pas plus rassuré que nous, à quelques pas d’un des pires bidonvilles, Carrefour, harcelés par des mendiants et par les vendeurs ambulants, à moitié asphyxiés par la pollution des moteurs avec plomb. Le chauffeur m’explique que, depuis le 31 décembre, l’essence est très difficile à trouver en Haïti, le gouvernement ayant forcé les pétrolières à baisser leurs prix et celles-ci ayant réagi en fermant les stations-services en prétextant un problème d’approvisionnement. D’où les énormes blocus (bouchons) un peu partout aux rares endroits qui distribuent encore de l’essence. François est bien embarrassé par un vieux mendiant qui s’accroche à sa fenêtre et le supplie jusqu’à ce que notre chauffeur lui donne une pièce. Je lui conseille de fermer sa fenêtre et vite, mais évidemment, bonjour la chaleur! Un jeune garçon fouille les poubelles à côté de nous. C’est terrible…
13h00 : j’ai survécu au voyage en PETIT avion! Seules mes oreilles protestent encore un peu des changements de pression. De belles vues « cartes postales » sur la mer, avec ses petits bateaux à voile et à rame, un immense banc de dauphins et… bien de la pollution aux abords des villes et villages.
21h00 ou 22h00 ou aucune idée finalement! : Je ne peux pas croire que je viens de passer 1h30 à avaler de la poussière à l’arrière d’un pick-up déglingué sur une route dont une partie aurait été jugée non-carrossable chez nous, en compagnie de 13 autres adultes et d’un enfant. On rajoute les commentaires un peu trop admiratifs d’un haïtien en âge d’être mon père lorsqu’il a découvert qu’il voyageait en face d’une blanche (la nuit, tous les chats sont gris)… Heureusement que je n’ai pas tout compris ce qu’il disait en créole « belle femme » , « peau-là belle, belle », etc…. Heureusement que Jean-René était là pour répondre à ma place, quoique je soupconne qu’il n’ait pas cherché à éteindre le feu mais plutôt à l’alimenter! Heureusement, mon bruyant admirateur est sorti assez vite, avant que la transaction de vente ne soit finalisée…
Avant de nous retrouver dans ce pick-up qui nous amenait des Cayes à Roche-à-Bateau, nous avons passé quelques heures aux Cayes à attendre nos bagages et des sacs de riz donnés par Food for the Poor et amenés par camion de Port-au-Prince aux Cayes. Nos bagages ne nous ont pas suivi dans le petit avion mais on nous les a promis pour le vol suivant à 4 heures, et le riz devait arriver vers la même heure. Finalement, le riz arrive vers 18h00, les bagages pas avant demain. Peut-être. Heureusement, Renette a de nombreux contacts, donc c’est l’un d’eux qui ira vérifier le vol de midi demain et nous amènera les bagages si ils arrivent finalement! En attendant, nous nous promenons dans la ville, dans le marché (aux odeurs pas toujours intéressantes) et le long des petits stands de rue.
La seule banque de la région est envahie de monde jusque dans la rue, un garde refoule les gens et ne les laisse rentrer qu’au compte-gouttes. Nous avions besoin d’y aller mais il aurait fallu y passer probablement la journée, sans garantie de résultats, alors, finalement, le besoin n’est pas si grand! Nous allons aussi chercher notre souper de demain soir :
Souper dans un petit restaurant aux
Cayes : je goûte au lambi (chair des gros coquillages-conches typiques
d’Haïti). Miam, délicieux!
Nous sommes contents toutefois d’arriver à Roche-à-Bateau et de découvrir le petit nid en bord de mer de Renette et Jean-René. Notre chambre est immense et, quand le bruit assourdissant de l’horrible mais pratique génératrice se sera tu, il parait que nous pourrons entendre le bruit des vagues de notre lit.
Il n’y a pas l’eau courante, nous faisons quand même une
bonne toilette à la mitaine, avec le luxe d’une eau réchauffée. Merveilleux!
04 janvier 2009
Le stress monte
Je ne suis pas de nature stressée (pas assez diraient ma maman et ma belle-maman qui trouvent horripilantes ma façon de trouver tout "pas grave" - sauf ce qui touche à mes enfants, évidemment!), mais le départ pour Haïti dans 2 jours commence à me faire de beaux noeuds dans l'estomac!
Et ce n'est pas seulement parce que nous trimballons 4 sacs de hockey grand format (dont 3 contiennent des souliers, quelques vêtements et 3 ballons de soccer - quelqu'un veut parrainer un ballon ? On indiquera le nom du généreux donateur sur le ballon, 18$ seulement pour former une équipe de soccer dans un petit village haïtien ;-)). 4 gros sacs, 4 adultes et... une auto. Trouvez l'erreur... Mais cà me crèverait le coeur de ne pas profiter de ce voyage pour amener le maximum de sacs permis sur l'avion! On verra bien rendu là-bas.
Ce n'est pas non plus seulement parce que, de tous mes voyages, ce sera le plus aventureux! Pas une semaine dans un hôtel de luxe à Port-au-Prince comme les deux autres voyages. On parle plutôt de quelques nuits dans un hôtel budget à Port-au-Prince entrecoupées d'un saut en avion jusqu'à Roche-à-Bateau, près des Cayes, au Sud-Ouest, où nous resterons deux nuits, le temps de voir "mon" école, et ensuite d'un autre saut (après être revenus à Port-au-Prince, en avion toujours), cette fois de 4 heures d'auto, vers les Gonaïves, vers le Nord, où nous irons voir "notre" orphelinat pour quelques heures avant de revenir vers Port-au-Prince avec arrêt dodo dans un super hôtel de luxe où résident bien des coopérants humanitaires (heu.... à 150-200$ la nuit, pas surprenant que les organismes humanitaires aient besoin de dons, oups, vilaine moi!). Les deux derniers jours, nous sillonnerons autour de Port-au-Prince (un peu de magasinage de souvenirs, pourquoi pas?) et retour à la maison le mardi 16 janvier, déjà. Où je retrouverai ENFIN mon beau Manu, parti depuis le 18 décembre...
Il y'a aussi ma "mission" officielle que j'espère être capable de réaliser : prendre des photos de tous les timoun à parrainer et des endroits (orphelinat, école...) que nous voulons développer. Dans ce but, j'ai réquisitionné tous les appareils-photos de la maison (sauf mon gros Rebel, trop encombrant), chargé une dizaine de batteries rechargeables et acheté une douzaine d'autres batteries jetables (impossible de compter sur l'électricité là-bas pour recharger mes batteries!), et j'amène des cartes-mémoires pouvant contenir un total de 10 gigs de photos et vidéos. Avec cà, je devrais être "en business"!
On rajoute le stress d'amener fiston dans un environnement difficile, le stress de m'amener moi-même, le stress de tomber malade (aie, faut pas!), et tous les petits stress inhérents à un voyage de ce type. Alors, oui, je stresse légèrement...
Mise à jour, 16h24 : je viens de recevoir un téléphone du couple haïtien avec qui nous voyagerons. Ils sont là-bas depuis un mois et seront à l'aéroport à notre arrivée. Ils m'ont demandé d'amener des dictionnaires et m'ont assuré que tout allait bien là-bas, niveau sécurité. Cà devient de plus en plus concret!!
13 novembre 2008
Voyage
Ce n'est pas parce que je n'ai rien à dire que je n'écris pas, c'est parce que je n'ai pas le temps de le dire!
Depuis 1 mois, c'est la folie furieuse à l'école, je remplace 3-4 jours par semaine, et le reste du temps, je cours! Parce que, lorsque j'étais à la maison à temps plein, je courais aussi, entre le lavage, ménage, taxi, bénévolat, rendez-vous, etc. Et tout cà n'a pas disparu. Mais comme j'ai dit à Jacques qui se plaignait que je travaillais un peu trop :
- "tu n'as pas de raison de te plaindre, tu continues à manger de bons petits plats, tu as toujours des vêtements propres, les enfants continuent à aller à leurs activités et le ménage n'est toujours pas fait. Rien n'a changé finalement!".
En tout cas, pour eux, pas pour moi. Mais je ne me plains pas (trop). J'aime de plus en plus ce que je fais, je trouve que c'est la situation idéale pour moi (paie géniale, heures géniales, congés géniaux, rien à préparer, pas de réunions, quand un groupe est tannant, j'ai juste à le supporter quelques heures, pas toute l'année, le rêve quoi!). Et mon compte de banque est content. Ce n'est pas le Pérou mais c'est assez pour payer les activités de tous, sans avoir à piger dans nos placements comme avant et je peux même me payer......
........UN VOYAGE EN HAÏTI!!!!!!!!!
Eh oui, nous partons, François et moi, une semaine en Haïti, du 6 au 13 janvier. Nous rejoindrons le couple responsable de l'organisme que nous aidons et qui, eux, vont y passer 5 semaines. Si l'état des routes et la situation du pays le permettent, nous prévoyons d'aller 2 jours aux Gonaïves visiter l'orphelinat que nous avons construit avec le 150 000$ de dons recueillis lors de l'ouragan Jeanne il y'a 3 ans, puis nous passerons le reste de la semaine dans le petit village où nous avons "notre" école (Jacques et moi y parrainons l'unique enseignante ce qui permet à 30 enfants d'aller à l'école et d'avoir un repas par jour), à Roche à Bateau, dans le Sud-Ouest.
Le but : voir nos réalisations, évidemment, mais aussi permettre à François de vivre une expérience bien particulière. J'en profiterai pour prendre de nombreuses photos de l'école et de l'orphelinat afin d'encourager les gens à parrainer des enfants de l'orphelinat et, croisons les doigts, deux autres professeurs à l'école de Roche à Bateau afin qu'elle fonctionne à pleine capacité. L'autre programme de parrainage dont je suis responsable avec notre organisme d'adoption fonctionne merveilleusement bien et j'ai déjà 22 parrains qui ont accepté d'aider des enfants. J'espère qu'un peu plus de publicité pour l'autre organisme fera aussi des miracles!
En attendant, je prépare le voyage. Il y'a tant de choses à faire : apprendre un peu de créole à François, ramasser des souliers et des ballons de soccer (dégonflés) que nous amènerons avec nous, ainsi que d'autre matériel utile, penser aux vaccins, etc.
Justement, moi qui m'ennuyait ;-))
25 septembre 2008
Parrainage
Comme je m'ennuyais un peu (on finit par se tanner d'aller jouer au casino ou de regarder les séries-savons américaines tous les après-midis, comme tout le monde sait que les femmes au foyer font, zut démasquée!), je me suis trouvée un magnifique projet : monter un projet de parrainage avec l'aide d'une Fondation reconnue et sérieuse en Haïti. Cette Fondation a construit une école dans la communauté qui entoure leur crèche (où l'organisme dont je fais partie propose des adoptions) et ils ont besoin de parrains pour les enfants de la communauté. L'argent envoyé sert à leur payer les frais scolaires, les livres et le matériel et 2 repas par jour!
Je me suis donc lancée là-dedans et, en-dedans de 15 jours, j'ai déjà plus de 13 familles qui se sont proposées pour parrainer des enfants, dont Mamily et sa fille que j'ai "rencontrées" virtuellement grâce au monde des blogs! Déjà, il y'a 2 ans, Petitpetons avait parrainé une enseignante pendant un an dans un autre village, ce qui avait permis d'ouvrir une classe dans une école que l'autre organisme que j'aide avait construite... Vive la communauté des blogs!
C'est tout un travail de mettre tout cà sur pied mais c'est tellement enrichissant! Et Magali est très fière de parrainer une petite Adèle de 5 ans... Elle lui a déjà dessiné une superbe carte pour sa fête.
Aujourd'hui, je vide mon sous-sol de tous les vêtements et souliers que j'y accumule depuis un an (l'équivalent d'une dizaine de gros sacs de hockey!). Ils partiront la semaine prochaine dans un conteneur en direction des Gonaïves pour aider les pauvres gens là-bas qui ont tout perdu. Heureusement, notre orphelinat (le "Village des Enfants de l'Humanité") a tenu le coup et grâce au puit que nous y avons fait creuser, ils peuvent fournir en eau potable toute la communauté autour et la nourriture que nous y faisons parvenir régulièrement, particulièrement depuis les ouragans, est partagée entre les enfants de l'orphelinat et les familles sinistrées qui y ont trouvé refuge. Cà aussi cà fait un petit velours de savoir que nos actions apportent tellement de bien!
Bon, c'était mon petit moment "tape dans le dos", cà en prend de temps en temps pour s'encourager à continuer!
04 septembre 2008
Cà recommence
Mon pays d'adoption, Haiti, souffre. Encore. La ville de Gonaives, dévastée par un ouragan il y'a 4 ans et pas encore remise sur ses pieds, vient de se manger encore un ouragan sur le nez et deux autres s'en viennent. Les nouvelles n'en parlent pas beaucoup, mais la ville est encore sous l'eau et on peut s'attendre à encore des milliers de victimes. Les habitants grondent, la diaspora aussi. Qu'est-il arrivé avec toute l'aide envoyée, les millions de dollars dépensés, pourquoi n'y a t'il pas eu de digues, de systèmes d'égoûts, de reconstruction, de système de drainage, de plantation d'arbres??
Cela me rend d'autant plus dingue que, avec notre petit organisme de rien du tout (Têtes Ensemble SOS Haiti, en Outaouais) et le maigre 150000$ que nous avons ramassé à la sueur de notre front et grâce à la générosité de la population de la région (et pas des compagnies, ou des industries, ou ...), nous avons réussi à bâtir la seule structure permanente post-ouragan aux Gonaives, un orphelinat qui accueille 87 enfants... Après 4 ans, nous sommes les seuls à avoir laissé notre marque, les millions de $ dépensés ailleurs (où?) se sont évaporés, et plus personne ne veut faire de dons-dépannage, des dons court-terme qui servent seulement à calmer l'opinion publique le temps qu'on passe à une autre catastrophe.
Notre orphelinat est toujours là. Et, par chance, nous venons d'envoyer de la nourriture la semaine dernière, nos 87 enfants pourront manger alors que le reste de la ville est condamnée à attendre des secours qui arrivent au compte-gouttes (le gouvernement n'a pas d'argent et il ne peut envoyer sporadiquement que des hélicoptères qui larguent des médicaments à l'hopital des Gonaives où se sont réfugiés des centaines de gens qui ont tout perdu, encore une fois). L'orphelinat a aussi accueilli 5 nouveaux orphelins et 39 réfugiés mais il a dû fermer ses grilles devant la foule qui venait crier famine et secours. C'est un crève-coeur.
Nous continuons à ramasser de l'argent, quelques dollars à la fois, c'est vieux l'ouragan Jeanne, les gens ont oublié, mais les orphelins doivent manger alors il faut continuer, mais ce n'est pas évident... Petit à petit, nous avons rajouté des latrines, des salles de classe, une pompe pour l'eau... Prochain objectif : un petit centre communautaire pour offrir des ateliers aux enfants les plus vieux et aux femmes afin qu'ils apprennent un petit métier. Mais en attendant, on doit laisser ce beau projet de côté et recommencer comme il y'a 4 ans : communiqués de presse pour en appeler à la générosité des gens, affiches, etc. Cette fois, nous demandons des sous, des sous et des sous. Mieux vaut faire fructifier l'économie locale là-bas en achetant de la nourriture et du matériel là-bas que d'en envoyer d'ici avec tout le travail et les coûts que cà implique!
Mais zut que c'est choquant quand il arrive une autre catastrophe aussi pire que la première, pauvre pays, comment pourra t'il s'en sortir un jour??
























































