Mamounia

Les secrets, les tribulations et le quotidien d'une mère au foyer de 5 enfants

30 octobre 2009

C'est quoi ce bordel?

Les enseignant(e)s, je vous lève encore une fois mon chapeau... Mais comment faites-vous pour aimer votre travail et ne pas être brûlée après une semaine dans une classe????

Je sors d'une semaine de suppléance dans une classe de 5ème et je  suis complètement knock-out.  Je suis sidérée par le nombre d'élèves impossibles dans les classes.  Dans la mienne, il y'avait :
- celui qui agace tout le monde, dérange tout le temps, se choque à la moindre occasion mais provoque sans cesse, est  incapable de rester assis, harcèle l'enseignant, se sent persécuté (parfois avec raison), sort le jeu d'échecs et s'installe par terre pour y jouer à n'importe quel moment, et la liste est longue...
- les deux compères qui parlent tout le temps, qui niaisent, qui sortent leurs cartes genre Magik alors que c'est interdit et qui piquent une crise quand on leur confisque, qui trouvent que tout est plate, poche, que la suppléante est plate et poche et que ce n'est pas juste parce qu'elle les punit toujours alors qu'ils ne font rien et que les autres sont pires qu'eux, etc.
- les 4 commères au fond de la classe qui n'arrêtent pas de jacasser même quand l'enseignante parle et qui sont les premières à se plaindre qu'elles ne comprennent rien
- la porte-panier qui bondit comme un ressort aux 5 minutes pour dénoncer celui qui triche, qui parle, qui regarde ses cartes, qui lance une efface, qui est debout, mal assis, couché, etc.
- les 4-5 élèves qui ne comprennent JAMAIS rien, ni en maths, ni en français, ni les directives, ni les explications, ni les demandes, ni les questions, ni qu'il faut peut-être se concentrer et faire un effort pour comprendre...
- le petit malin qui finit toujours le travail une heure avant les autres et qu'il faut nourrir de feuilles d'activités pour le rassasier (vive les mots cachés!) et, surtout, pour qu'il ne dérange pas les autres
- les 2-3 réguliers qui sont toujours en train de mourir de soif ou à la veille de faire pipi dans leurs culottes
- les deux zigotos dont on se rend compte 30 minutes après avoir donné l'exercice qu'ils sont en train de dessiner ou de rêver
- ceux qui nous interrompent à tout bout de champ dans nos explications en geignant qu'ils ne comprennent rien
- celui qui perd systématiquement tous les documents qu'il reçoit
- l'autre petit malin qui pense à voix haute et s'assure de donner les réponses pendant les contrôles
- les 2/3 de la classe qui oublient de lever la main pour répondre à une question

Je vous jure,  je n'exagère pas.  Je parle d'une seule classe là!  Mais il y'a de ce genre de spécimens dans toutes les classes.  Honnêtement, je peux compter sur un doigt l'enfant modèle de la classe. C'est celle dont j'ai totalement oublié  le nom parce que je n'ai jamais eu à intervenir avec elle pendant la semaine.  Je me souviens du nom de tous les autres et, pour ceux qui connaissent ma mémoire, cà veut tout dire.

Vive la fin de semaine.    Rebelote lundi.  Dans la même classe.  N'y pensons pas.

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16 février 2009

La guerre des virus

Au début de la journée :
- ooh, pauvre petit, qu'est-ce qui se passe??
- ... tu ne te sens pas bien??
- oh, toi non plus?
- asseyez-vous ici, je vais appeler vos parents.  Ah, et toi?  Ok, couche-toi là, on va attendre voir si cà va mieux...

Au milieu de la journée :
- bon, va t'asseoir dans le couloir, il n'y a plus de chaises disponibles ici et attend que j'ai donné de la glace aux 5 amis ici et essayé de rejoindre les parents des 7 autres là-bas.

À 3 heures, aux 7 amis qui viennent d'arriver à mon bureau :
- ok, si vous êtes capables de vous tenir debout et que vous ne vous apprêtez pas à vomir votre dîner sur mon bureau, retournez dans votre classe et quand vous arriverez à la maison, prenez une bonne soupe ou un bon lait chaud et couchez-vous tôt ce soir, cà ira mieux demain!

Non mais, y'en a marre des microbes!

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13 février 2009

Femme à tout faire

Depuis hier, je remplace à pied levé la secrétaire de l'école, qui a dû partir en urgence à Québec voir son fils hospitalisé après un accident d'auto.  J'aime beaucoup cette secrétaire, elle est chaleureuse et d'une gentillesse incroyable et cà m'a fendu le coeur de la voir hier matin, juste avant son départ.  J'avais déjà entendu parler de ce phénomène mais je ne l'avais jamais vu : ses cheveux avaient blanchi en une nuit... Bon, ils étaient déjà pas mal parsemés de gris mais là, c'était partout... Et tous les gens qui l'ont rencontré ce matin-là ont remarqué le même phénomène.  Suzanne, on pense bien à toi et à ton grand garçon...

Sur une note plus positive, j'ai adoré les deux dernières journées!  Cà m'a remonté le moral de voir que j'arrivais encore à bien me débrouiller dans de nouvelles situations, avec de nouveaux outils et de nouveaux défis.  Bien sûr, j'ai fait quelques gaffes, mais très mineures et je suis plutôt pas mal fière de mes réalisations ces deux derniers jours, je crois que Suzanne sera contente de sa remplacante... Et je travaille avec le directeur adjoint qui est un homme adorable, très chaleureux (et patient face à mes nombreuses questions!), rien à voir avec la directrice et l'autre directeur-adjoint de qui émane la chaleur...d'un congélateur. Non maman, ils ne connaissent pas mon blog et, non maman, ne t'inquiète pas pour l'adjectif "adorable" qui est lié à "directeur", c'est sans arrière-pensée!

Et j'ai droit à de beaux câlins en plus puisque, régulièrement, un de mes petits amis vient me faire une caresse ou me dire bonjour... en essayant de piquer les bonbons de St-Valentin réservés aux professeurs.

dessinMais c'est du non-stop : en plus du côté administratif, paperasses, téléphones, etc., il faut gérer les petits bobos et les parents.  Et aujourd'hui, merci à la météo qui, après nous avoir inondé pendant deux jours, a bien fait geler le tout d'où une cour verglacée et beaucoup de chutes, heureusement sans gravité mais nécessitant toujours quelques petits blocs de glace pour consoler le genou rougi... Après chaque récréation, j'avais une dizaine d'élèves en ligne pour avoir leurs petits blocs de glace et j'ai dû appeler les parents deux fois pour des chutes sur la tête... 

Ce qui a occasionné en fin de journée l'appel d'une maman bien inquiète de la situation et nous demandant ce que nous comptions faire pour y remédier.  Heu.... À part étaler du sable partout (ce que le concierge a fait toute la journée), surveiller les casse-cous,  ou garder les élèves à l'intérieur (les professeurs comprendront l'horreur d'une telle situation!), il n'y a pas grand chose à faire!  La maman m'a même demandé si elle pouvait nous aider (à quoi?? Souffler sur la glace pour la faire fondre??).  Le prochain parent qui appelle, je lui conseille sérieusement de mettre un casque à son enfant pour la récréation.  Et, tant qu'à faire des genouillères et des coudes.  Vivement la prochaine tempête pour couvrir le tout!

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17 novembre 2008

Apprentissages sur le tas...

Sur le tas de quoi?  Cà ne se dit pas sur un blog public (surtout lu par mes enfants).  Mais c'est cà.  Un tas de...

D'abord la période bibliothèque.

"Chic", se dit la suppléante innocente,"c'est cool une période biblio, ils vont s'asseoir et lire pendant 45  minutes, un peu de discipline à faire niveau silence et bingo".

Ha ha.

Vraiment innocente.

16 secondes après être entrée dans le local, une pile de livres s'amoncelle sur la table à côté d'un... ordinateur.  Ah ben oui, dans une bibliothèque, on emprunte des livres et on les ramène.  La dernière fois que j'ai travaillé dans une bibliothèque, on avait des cartes avec des étampes pour la date, on étampait la carte, on la mettait dans la pochette à la dernière page du livre et voilà.  Quand le livre revenait, re-étampe, et fini.

Mais maintenant, tout est informatisé.  Super.  Sauf quand on ne connaît pas le programme, et qu'on a jamais utilisé un scanneur.  Heureusement, la secrétaire vient m'aider : elle déniche le classeur d'aide sous la montagne de livres retournés et l'ouvre à la page des instructions pour comprendre le programme de retour et d'emprunt des livres.  Instructions pas tout-à-fait à jour mais Bibi finit par trouver les bons mots de passe et des fenêtres s'ouvrent.  Bon... Retour des livres.  Facile, il suffit de scanner le code-barre du livre et il se rend tout seul.  Ah que je suis bonne.

Bon, la montagne est franchie, les livres retournés sont enregistrés, les enfants responsables commencent à les ranger.

Inutile de dire que, pendant ce temps, mon énergie a été consacrée à comprendre le programme et pas à garder un silence relatif dans le local.  Je n'ai pas le temps d'émettre une petite tentative de chut, déjà les premiers élèves arrivent avec les livres qu'ils veulent emprunter.  Confiante en mes nouveaux apprentissages plutôt réussis, je scanne le code-barre de l'élève (merci au petit gars qui m'a montré où étaient les listes), je scanne le code-barre du livre.........

"Oh, Simon, tu as deux livres que tu n'as pas remis"

Simon : "mais oui, je viens de les donner!!"

Angoisse.  Sueurs froides.  Je viens de comprendre que ce n'est pas parce que la manette à scanner faisait bip qu'elle enregistrait le retour.  Non.  J'avais oublié les joies de l'informatique.  Un fois sur deux, cà ne fonctionne pas.  Comme la manette à scanner.  Mais je ne vérifiais pas au fur et à mesure sur l'ordi.  Bravo.  Très fort.  Heureusement, alors que je pensais que les élèves-responsables avaient rangé les livres retournés, ils ne les avaient placés que sur une tablette derrière moi, déjà bien encombrée de livres retournés et non replacés.  Il suffit de retrouver les livres de Simon parmi les 236 sur la tablette.  Fafa bébé.  Après, il faudra retrouver ceux de Pascale, Émilie, Félixe (fille), Ben-Hur, Ferdinand (je vous jure, ils existent pour vrai!).  À chaque fois, cà veut dire quitter le programme "emprunt des livres", revenir dans "retour des livres", enregistrer le retour (en vérifiant cette fois qu'il est bien entré!!!!), sortir, revenir dans "emprunt", etc... 

Pourquoi cà ne m'étonne pas qu'à la fin de la période, j'ai encore une dizaine d'enfants qui attendent en file d'emprunter leurs livres, pendant que les autres sont alignés dans le couloir, prêt à repartir en classe et à la récréation ?  Je finirai par ramener tout le monde en classe puis à la récréation, pendant laquelle je reviendrai finaliser les derniers emprunts et les derniers bogues.

Reposant la bibliothèque, j'avais dit???

Heureusement, la prochaine période, c'est informatique, avec des premières années, cà va bien aller.

Ha ha HA!!!

Suite au prochain billet...

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20 septembre 2008

Cassée!

Dans une classe de 3ème année, je regarde des enfants jouer aux échecs.

L'une des petites filles se retourne et me dit : "tu ressembles à une madame à la télévision"

NE JAMAIS JAMAIS DIRE : "Ah?  Et elle est belle la madame??"

Pour ne pas entendre : "Non".

Ah.  Bon.  Merci.

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19 septembre 2008

Portrait d'un tannant

Il y'a toujours 3-4 voire 5 enfants plus difficiles dans une classe.  Sans compter ceux qui ont des problèmes d'apprentissage.  Hier, je remplacais dans une classe de 3ème année.  Au programme : période libre, sauf pour 1 élève qui n'avait pas mérité cette période-récompense et qui devait la passer à recopier les règles de vie de la classe.  Et, comme pour la deuxième partie de la période, j'avais décidé, pour profiter du beau soleil, de sortir dehors, cet élève devait  regarder les autres s'amuser en restant assis sur un banc. 

Je suis maman poule dans la vie et partout ailleurs.  J'ai bien du mal à punir un enfant et à appliquer des règles de discipline strictes.  Pourtant, elles sont nécessaires et je sais que cà fait de moi une remplacante un peu trop molle qui se fait allègrement marcher sur le dos par les élèves qui détectent vite la maman-poule en moi, mais c'est une de mes faiblesses, je l'assume et j'essaie de la corriger.  Et j'ai des forces qui compensent un peu quand même!  En général, mes élèves m'aiment bien et je le leur rend.

Bref, hier, j'avais ce petit coco assis piteusement sur son banc qui regardait tous les autres avoir du plaisir sans lui.  Évidemment, cot-cot, je me suis assise à côté de lui et on a jasé.  Petit Coco m'a raconté son histoire :
- ses parents sont séparés
- ils avaient la garde partagé = une semaine chez maman qui habite dans la ville d'à côté (ou fiston allait à l'école) et une semaine chez papa
- maman s'est chicanée avec son "coloc", fiston s'est retrouvé presqu'à temps plein chez papa
- il ne voit presque plus sa maman
- il a changé d'école
- il a perdu ses amis
- il a du mal à s'en faire d'autres (arriver en 3ème année dans une nouvelle école, ce n'est pas évident!)

Ben, je ne sais pas, mais moi aussi j'aurais bien de la colère en moi...  Combien d'enfants  "tannants" ont ce genre d'histoires??

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18 septembre 2008

Le franssè à lécolle

Je suis dégoûtée et bien découragée.  Après seulement 2 jours de remplacement à l'école, je constate que le niveau de français des élèves ET des enseignants se détériore de plus en plus!  C'est hallucinant de voir les dictées écrites par des élèves de 11 ans, en 5ème année.  Je me suis amusée à faire le tour de toute la classe pour regarder les copies, j'en ai trouvé 2 qui n'étaient pas bourrées de fautes.  Et quand je dis "bourrées", c'est environ une faute par mot, des mots écrits phonétiquement, des phrases comme "Kan lesomes viveron damour"... Je n'en revenais pas!!

Mais, bon, certains enseignants ont un peu de mal avec le français.  Telle celle que j'ai assisté pendant son cours hier et qui répétait sans cesse "c'est les papiers que tu as de besoin", "c'est le livre que tu as de besoin", etc.  Arrrrrrrrrrrrrgh, les cheveux me dressaient sur la tête à chaque fois.  Ou plutôt "cheuveux" comme l'écrivait une autre enseignante qui avait demandé à un élève de recopier 3 phrases dans son cahier.  Trois phrases avec 4 fautes majeures d'orthographe ou d'accord.  Pas capable...

You hou, Houston, y'a un méchant gros problème ici!

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18 juin 2008

Bingo, les vacances arrivent!

14h00 : appel de la secrétaire de l'école pour me demander de remplacer à la dernière minute l'enseignante de musique qui doit s'absenter à la dernière période. Elle ricane, la sadique, parce qu'elle entend d'avance le gros soupir désespéré que je vais pousser.  Je déteste remplacer en musique, en 1ère et 2ème année... Elle rajoute pour me rassurer :

- "ce sera facile, ils vont jouer au bingo. Le jeu est dans une boite bleue.  Le CD est probablement (je n'aime pas les "probablement" non plus) dans le lecteur de CD, no 30."
- "Ok.  Et c'est quoi le rapport entre le CD et le jeu de bingo??"
- " Aucune idée".

Bon, on verra bien, cà a l'air assez facile en effet.

Ha ha.  Le CD est bien dans le lecteur, c'est déjà cà.  Je l'écoute pour avoir un indice de son degré de parenté avec le jeu de bingo.  J'entends : "1" et un bruit d'aspirateur.  "2" et un bruit d'avion.  Ah, ok, c'est un bingo sonore, j'ai déjà joué et, si je me souviens bien, la moitié des sons n'étaient pas reconnaissables.  Bon, les enfants y ont sûrement déjà joué donc ils doivent se souvenir des sons... Yeah, sure.

Ensuite, on cherche le jeu.  Le bingo est dans la boite bleue.  La boite bleue est... bon... pas sur le bureau.  Pas sur les étagères.  Pas dans l'armoire.  Pas de panique.  Pas dans la filière.  Panique.  On ouvre les tiroirs du bureau.  Ouf, voilà la boite bleue.  Avec les cartes de bingo.  Et pas de jetons.  On refouille, trouve les jetons.  Ouf.  Il n'y a que 12 cartes de bingo, ils se mettront en équipe, tant pis. 

Oups, tout éducateur sait que Bingo = surprises.  Un bingo pas de surprises, c'est l'émeute garantie.  Et, à 6 ans, un bingo pas de surprises pour TOUT le monde, ce sont les larmes assurées.  Ok.  Il me reste 2 minutes pour trouver des surprises.  Cà se fouille vite un classeur quand on est en état de panique.  Yes, des collants!  Pas beaucoup, pas très beaux mais cà fera l'affaire.

Je vais chercher les enfants dans leur classe, on revient, on s'installe.  Je distribue les cartes du niveau facile (celles qui ont des numéros marquées en plus du dessin représentant un son) et les jetons.  Et je pars le CD.

- "1" (son d'aspirateur)
- "2" (son d'avion)
- "3" (son non-identifié. Ils s'en fichent, ils se fient aux numéros)
etc....

Rendu à "12", la moitié de la classe crie Bingo.  Ils ont tous la première ligne verticale.  Évidemment.  Logique.  Cà ne marche pas mon affaire.  Il va falloir que je trouve un moyen de mélanger les numéros du CD.  Je ne vous ai jamais parlé de CE lecteur de CD mais c'est le plus compliqué que j'ai jamais vu.  J'ai passé la moitié de mon premier cours de musique à essayer de le comprendre pendant que les élèves faisaient la foire.  Et là, il va falloir que je trouve comment faire jouer les sons en désordre.  Mon ange-gardien est réveillé, après quelques tâtonnements, miracle, les chiffres sortent dans le désordre. 

Je décide de compliquer un peu les choses et leur distribue les cartes difficiles.  Erreur.  À chaque son non-identifiable, je dois chercher en vitesse à quoi correspond le numéro et leur donner la réponse.  Finalement, de peine et de misère, on réussira quand même à jouer quelques parties honorables, les gagnants auront leurs collants, les perdants aussi, tout est bien qui finit bien. 

Mais je déteste toujours autant les remplacements en musique.  Et le Bingo.

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18 novembre 2007

Retour à la routine

Après 4 jours de suppléance intensive en musique et une fin de semaine à Montréal, très agréable certes mais n'aidant pas à l'amélioration de l'état général de la maisonnée, j'ai retrouvé avec découragement mes deux paniers à linge débordant de linge à laver, le frigo criant famine (les 4 plus vieux qui étaient restés seuls pendant 2 jours ont survécu, dieu merci), le répondeur saturé de messages urgents et les courriels, bien en retard eux aussi... Et, bien sûr, pas encore de nouvelles lunettes pour François qui les a cassées et Isabelle qui les a perdues.  Ni de manteau d'hiver pour Catherine qui refuse de mettre son "vieux" manteau devenu trop petit si il fait plus que 0 degrés...  Mais pourquoi les manteaux qu'elle aime coûtent-ils plus que 250$??  Je m'obstine, nous finirons bien par en trouver un qui nous plaît à toutes les deux!

Pas eu le temps non plus de me reposer de ces 4 jours de suppléance.   En musique.  Cà veut dire 5 classes de 1ère et 2ème année qui défilent chaque jour avec TOUJOURS leurs 2 ou 3 (jusqu'à 5!) enfants aux problèmes de comportement parfois impressionnants.  J'ai encore appris de mes erreurs, soit :
- si un enfant demande pour aller aux toilettes ou boire de l'eau, c'est NON!  S'il a vraiment envie, il reviendra le demander une deuxième fois (curieux, la moyenne baisse de 10 enfants qui sortent par cours à 1 ou 2...)
- plutôt que d'essayer de les empêcher de parler, on les encourage à chuchoter... Wow, quelle différence!
- quand un exercice comporte des questions et un dessin à faire, on commence par les questions (sinon, garanti que la moitié de la classe n'aura pas fini l'exercice à la fin de la période, surtout les artistes incompris)
- écrire les noms au tableau des petits tannants fonctionne assez bien pour garder une certaine discipline.  Sauf que, parfois, il faut avoir un grand tableau!

Définitivement, le grand problème des suppléantes, surtout pour les cours de spécialistes (musique, édu, anglais), est la difficulté de se rappeler des noms des enfants.  Impossible d'avoir l'air sérieusement fâchée quand on pointe du doigt un enfant en disant :
" toi, là là, non pas toi, l'autre à côté avec le chandail bleu, oui toi,... qu'est-ce que je voulais dire déjà? ".  L'impact est totalement nul, comparativement à "Antoine, assis et tais-toi!".
Quoique, pas surprenant, on apprend très très vite le nom des petites terreurs de la classe!

Mais, bon, croyez-le ou non, ils vont me manquer ces petites bibittes là...

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03 novembre 2007

Je blogue moins ces temps-ci pour toutes sortes de raisons : ma nouvelle passion pour le scrapbooking digital, l'Halloween, les soucis familiaux (surtout niveau santé des grands-parents, c'est tellement dur de voir nos parents bien-aimés vieillir...), les activités familiales bien sûr, et ... les suppléances.

Pas très nombreuses les suppléances.  Pas assez en tout cas pour couvrir tous les frais des activités des enfants, ce qui est le but de mon retour au travail.  Par contre, cela me permet de m'adapter et d'apprécier ces moments passés avec les enfants de tous les âges et de tous les niveaux.

Hier, je remplacais l'enseignante de musique.  Ayoye.  J'ai eu 5 groupes de 1ère et 2ème année (7-8 ans) pendant la journée.  Dont un qui a très bien été.  Et quatre qui ont mis ma patience à l'épreuve.  Après les deux premiers qui m'ont laissé épuisée et découragée, j'ai décidé de changer ma façon de gérer les classes difficiles :

Premièrement : ne pas prendre cà personnel.  Je suis une suppléante et les suppléantes, c'est bien connu, c'est le fun à niaiser.

Deuxièmement : les enfants n'ont pas encore fini leur provision de bonbons, deux jours après l'Halloween ils ont donc une très bonne provision de sucre dans leur sang.  Tous les enseignants ont souffert cette journée-là.  J'en ai vu plusieurs qui ont abdiqué et sorti leurs élèves à l'extérieur - au diable le programme, laissons-les courir, d'autres qui ont mis la musique à fond et ont fait danser les élèves dans leur classe jusqu'à épuisement, d'autres qui ont pris la manière forte et les ont gardés en retenue.

Troisièmement : avertir les enfants dès le début de la classe.  C'est à dire leur présenter un choix de programme : soit on fait un travail très très ennuyeux soit on écoute de la musique et on joue à un jeu.  Vous préférez le jeu?  Alors il faut que le groupe soit tranquille.  Au moindre problème, je sors les feuilles d'exercices très très ennuyeux.  Cà a fonctionné pas si pire.  Je n'avais rien à dire, il suffisait que j'arrête la musique et que je prenne la pile de feuilles d'exercices d'un air menacant pour que le silence revienne.

Quatrièmement : ne pas demander le silence absolu.  Accepter un certain brouhaha dans la classe.  Cà réduit le stress de moitié.  Minimum.

Cinquièmement : reconnaître rapidement les enfants-type que l'on retrouve dans CHAQUE classe soit :  le tannant qui entraine les autres wannabee-tannants, le tannant-cépasmoicél'autre, le bouc émissaire, la rapporteuse (c'est toujours une fille), la pleureuse, la chouchou du prof, celui qui a toujours envie, celui qui a toujours soif, celui qui a toujours mal quelque part, celui qui ne comprend rien, celui qui n'écoute rien, celui qui sait tout, celui qui dit n'importe quoi (genre, "on a le droit de s'asseoir avec qui on veut" ha ha)...

Sixièmement : humour et douceur.   Par contre, cà n'empêche pas qu'il faut être stricte et parfois sévère, les enfants repèrent toujours l'enseignante un peu molle et insécure (un côté que j'essaie de corriger).  Mais c'est dur de trouver une combinaison gagnante!

J'avais une classe de dysphasie de 2ème année à la quatrième période, 7 garçons avec différents troubles de comportements et d'apprentissage, très attachants mais très difficile à garder assis. "Celui qui dit n'importe quoi" m'avait affirmé qu'ils prenaient toujours leurs flûtes à bec et j'avais pensé que ce n'était pas une mauvaise idée.  Erreur.  Ils n'avaient jamais touché à une flûte à bec.   Je me suis retrouvée à courir d'un enfant à l'autre pour leur montrer au moins la façon de tenir la flûte correctement (pour éviter les foudres de l'enseignante de musique) tout en endurant les joyeux couacs environnants.  Par contre, quelle surprise de voir la ferveur et le calme avec lesquels ils ont écouté la musique que je leur ai fait jouer.  Et comme cela faisait 10 fois que j'entendais les chansons depuis le matin, je chantais en même temps et vous auriez vu l'air complètement subjugué d'un petit garçon qui m'écoutait chanter, c'était très émouvant...

Bref, une journée éprouvante mais ô combien enrichissante! 



Posté par Mamounia à 17:15 - Ecole - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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