Le dernier vient de franchir la porte pour aller attendre l'autobus scolaire, pour la dernière fois cette année, alléluiaaa!  J'ai mérité mon café - froid - après cette dernière course matinale, l'une des pires de l'année avec celles de la rentrée, de l'Halloween et de la photo de classe...

- As-tu mis ta carte pour ton enseignante avec le cadeau?
Réponse de l'enfant modèle : "oui maman"
Réponse de l'enfant normal : "oups, j'ai oublié de la faire"
L'enseignante que nous voulions louanger de milles mots aura une feuille de papier construction délavée, pliée en deux avec écrit au feutre fatigué : "Joyeux Noël, je t'aime beaucoup".  Bon.  Au moins le beurre de pommes est succulent, à preuve la surveillance acérée dont a dû faire preuve la cuisinière pour éviter qu'il soit dévoré cette semaine ("oh mais je ne savais pas qu'on ne pouvait pas en prendre"). 

Directives de l'école modèle : " Cher parent, pour la dernière journée d'école, nous organisons une journée pyjama".  L'enfant modèle n'aura qu'à choisir parmi ses jolis pyjamas assortis bien pliés dans son tiroir par son parent modèle ou, encore mieux, celui-ci aura déjà prévu le coup et acheté un nouveau pyjama, comme à chaque Noël, tradition oblige.  L'enfant de Moi devra fouiller dans le tas de pyjamas sur le plancher de son placard et trouver un haut et un bas qui lui va à peu près (on oublie l'assorti) parce que Moi déteste acheter des pyjamas qu'ils ne mettent jamais de toute façon (vive les boxers, les t-shirts et les vieux pyjamas qui font presque encore).

Bon, cà c'était les directives de l'école modèle.  L'école privée (placez un gros mot ici) a comme directives que l'enfant doit s'habiller chic, comme si c'était la journée de Noël...
Ben, nous à Noël, on reste en pyjama toute la journée, est-ce que je peux oublier la première partie de la lettre et ne garder que la deuxième?
Non, répond Enfant avec regard en panique (il connaît sa mère). 
Deuxième essai de la mère qui connaît son enfant et profite du fait qu'il est bien assis devant l'ordinateur à jouer à son jeu préféré : "bon, alors comme tu as besoin de vêtements chics et que tu ne veux pas mettre ton pantalon et ta chemise qui ne sont pas si mal, on va aller magasiner tout de suite, dans les magasins bondés, cà va prendre du temps, dommage tu ne pourras pas jouer à l'ordi".
Malheur, l'enfant hésite, lit dans les yeux de sa mère son calcul maléfique et décide de la battre à ce petit jeu : "d'accord, on y va". 
Mère déjouée : "heu... Non.  Oublie cà. Continue à jouer".
Et tous les deux se dépêchent de retourner à leurs occupations respectives.  Jusqu'au lendemain matin où, évidemment, c'est la panique à bord. 
L'Enfant arrive, avec la chemise blanche, froissée et le pantalon propre, qui lui allait bien à sa graduation il y'a 6 mois.  Merveilleux comme il a grandi cet enfant.  Pas le pantalon.  Mais c'est un gars, il ne le remarque pas et ce n'est pas sa mère indigne qui va le lui faire remarquer!  Mais comme elle n'est pas si indigne que cà, elle repasse sa chemise.  Jacques vous confirmera que c'est un exploit. D'ailleurs, s'il ne s'était pas sauvé lâchement à Chalk River, c'est lui qui aurait hérité de la corvée.
"Cravate?  Il te faut une cravate??".  Shnoutte.  Pas de problèmes pour la cravate, Jacques en a plein, il s'agit juste de les trouver.  Bon, il y'en a un tas sur le plancher du placard (ben oui, un autre qui aime les planchers de placards plus que les tablettes), on pige au pif, magnifique celle-là avec ses beaux éléphants.
Le hic, c'est que mère-femme poche ne sait pas faire un noeud de cravate.  Je sais.  J'ai honte.  Heureusement, il y'a Internet, vite un vidéo de démonstration et après 3-4 essais et autant de jurons politiquement corrects, le noeud est fait et, ma foi, pas mal réussi.  Ouf!  Vite vite, l'autobus s'en vient! 

Il y'a aussi fifille parfaite qui doit amener un plat et qui, hier soir, avait prévu de faire des bonhommes en pain d'épices.  Personnellement, je ne connais personne qui aime cà, mais c'est mignon et j'étais curieuse de voir comment on fait cà.  Courageusement, elle se lance dans la recette, les épices et la vaisselle sales s'accumulent sur les comptoirs mais, rendu au stade de mélanger le tout, impossible, le mélange est trop sec et pas moyen d'en faire une pâte.  Fifille est au bord des larmes, maman a pitié et lui dit de laisser tomber et qu'elle s'occupera de ranger le tout.  Ha ha.  Il y'a beaucoup de tout. 
Et, après nettoyage, vaisselle et rangement, il y'a aussi une fifille éplorée qui se demande ce qu'elle pourra amener à l'école demain.  Maman Gentille lui dit qu'elle arrêtera au Métro en allant chercher grande Fifille au travail et qu'elle lui achètera des petits sandwichs et autres machins mangeables qu'elle trouvera.  Fifille est contente, une autre situation de réglée.

Oups, j'avais oublié que l'amoureux de Petite Fille lui avait demandé comme cadeau UNE canne de Noël et que Fifille Parfaite en voulait aussi pour ses amies.  Pas grave, de toute façon, je vais au Métro, j'en trouverais bien.  Ha ha.  4 magasins plus tard, la fumée me sort par les oreilles, pas une stupide canne de Noël nulle part!!!! À part celles à la menthe rouges et vertes qui, comme tout le monde le sait, sont immangeables, beurk beurk.  Moi je veux les rouges et roses, tant qu'à payer autant qu'elles soient mangées!  J'en trouve des roses emballées dans du papier de fées de Walt Disney, bon, cà ira pour les amies d'Isabelle mais pas pour l'amoureux de Petite Fille.  UNE canne de Noël, je veux juste UNE canne!  Finalement, 45 minutes après, j'en trouve enfin, aux pêches (bizarre).  Yééééé! 

Du coup, quand maman Gentille arrive à 21h00 au magasin où travaille Fifille, son taux d'adrénaline est un peu élevée et elle décide de se défouler sur un abruti qui prend le stationnement du centre d'achats pour une piste de course et s'amuse à rouler comme un fou pour ensuite freiner et faire des 360 sur la glace, sans se soucier particulièrement des autos et des gens autour.  Tiens-toi, j'appelle la police, m'énerve!  Évidemment, le temps que la police arrive, il est parti mais, surprise, je le retrouve... stationné juste devant l'auto de police et je vais avertir le policier que c'est lui le gros méchant pas beau, ontarien en plus.  Gnak gnak gnak.  Cà fait du bien.

Vivement les vacances!