Mamounia

Les secrets, les tribulations et le quotidien d'une mère au foyer de 5 enfants

30 janvier 2009

Super Espoir...

Trois grandes et merveilleuses nouvelles hier soir, à la réunion de notre organisme Têtes ensemble SOS Haïti...

petite_fille1)  Nous pourrons sauver la petite fille!!!! En effet, grâce aux contacts de la responsable à Roche-à-Bateau, nous pourrons organiser un parrainage pour elle, en commencant par la faire voir par un médecin et à lui assurer des repas tous les jours pour la remettre sur pied.  La mère a trouvé un petit travail au village donc on est assuré qu'elle restera là et, ayant donné ses 4 autres enfants comme restaveks, elle sera bien heureuse d'avoir les moyens de s'occuper de sa petite dernière.  Nous enverrons au coordonnateur des projets de Roche à Bateau 100$ pour qu'il s'occupe des soins urgents à donner à l'enfant et une gentille maman-amie adoptante a proposé de la parrainer ensuite.  Tout le monde est fou de joie chez nous!
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2) La classe d'alphabétisation a été ouverte à notre école de Roche à Bateau, l'après-midi, et elle accueille déjà 20 élèves, dont notre petite restavek.  Et des jeunes qui n'avaient pas eu la chance d'apprendre à lire et à écrire jusqu'à maintenant... Je suis tellement contente...

3)  Histoire sordide à l'école de Catherine et Isabelle : un jeune d'origine haïtienne  qui avait organisé plusieurs levées de fonds pour notre organisme avait été renvoyé en Haïti il y'a quelques semaines par sa belle-mère, fatiguée de s'en occuper.  Elle l'avait tout simplement emmené aux Gonaïves, lui avait enlevé son passeport et l'avait abandonné là, sans argent et sans ressources!  Ben oui.  Brillant.  L'école et ses amis se sont alors mobilisés pour ramasser de l'argent pour ce jeune et pour organiser son retour et notre organisme a participé à la levée de fonds et a aussi contacté des gens aux Gonaïves pour l'aider.  Résultat : le jeune est revenu hier au Canada et il ira habiter avec un ami.  Je l'avais rencontré lors d'une levée de fonds et je l'avais beaucoup aimé : un jeune poqué par la vie mais plein d'énergie et de potentiel. J'espère qu'il s'en sortira et qu'il canalisera toute cette énergie et ce potentiel pour réussir dans la vie, il le mérite!

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29 janvier 2009

Espoir...

Une petite note positive pour parler du Papi.  Cela fait déjà 8 mois que mon père, le Papi, est déménagé de Montréal pour venir habiter à 9 minutes de chez nous.  A la grande joie des enfants qui squattent sa télé (pour le hockey surtout), son XBOX360 (je sais, c'est tordu, hé hé), son ordi, sa salle à manger et son jeu de cartes (Papi leur a appris à jouer au Poker!) plusieurs soirs par semaine et la fin de semaine.  Les autres résidents sont verts de jalousie en voyant Papi manger presque tous les soirs en compagnie enfantine...

De plus, nous avons un ami-médecin qui a accepté de le prendre comme patient.  Les Français d'entre vous ne comprendront pas toute la portée de cette nouvelle mais j'entends les "oooh" d'admiration de mes compatriotes québécois.  Depuis plusieurs années, trouver un médecin de famille au Québec est une utopie, un fantasme... Et, non seulement notre ami a t'il accepté, mais il s'occupe du Papi comme je n'ai pas vu un médecin le faire depuis les années 1950 (ce qui équivaut à dire que je n'ai jamais vu un médecin faire cà, finalement!).  Il est venu plusieurs fois le voir la fin de semaine, chez lui, il surveille ses taux de diabète toutes les semaines et corrige la médication au besoin, dès que j'ai une question ou une inquiétude, il donne un rendez-vous au papi en-dedans de 3 jours ou appelle les infirmières à la résidence pour qu'elles vérifient son état de santé... Du jamais-vu, je vous dis!

Résultat : le papi n'a pas été aussi en santé depuis bien  longtemps.  Même ses taux de diabète qui jouaient au yo-yo depuis un an sont revenus à une normale tout-à-fait acceptable.  Et, lorsque nous avons été repasser des examens "psychologiques" liés à son diagnostic de démence parkinsonnienne, nous avons eu la surprise d'avoir des résultats presque parfaits!  En effet, il y'a environ 8 mois, il avait eu 25/30 au premier test, mauvais résultat.  Cette fois-ci, il a tapé le 30/30 facilement.  Et au deuxième test, plus difficile, il avait eu 19/30 il y'a 8 mois et 25/30 cette fois-ci, un résultat considéré aussi comme parfait!  Toute une belle surprise... 

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28 janvier 2009

Désespoir...

Des photos qui en ont ému plusieurs et qui me font encore mal au coeur...

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Cette petite fille ci-haut est condamnée.  Trop petite, trop malade, elle est atteinte de kwashiorkor, une maladie très grave et potentiellement mortelle, comme Catherine l'a bien expliqué dans son dernier travail pour l'école (les photos de son vidéos ont été prises sur Internet) :

Cela nous fend le coeur à Jacques et moi mais nous ne pouvons rien faire pour cette enfant.  Sa mère en a 4 autres, elle est jeune, elle continuera à en avoir et la plupart mourront avant d'avoir 10 ans, comme bien des enfants en Haïti.  Nous ne savons pas son nom,  il faudrait aller vivre là-bas un mois ou deux pour essayer de régler la situation et,  pendant ce séjour, nous verrions des dizaines, des centaines d'enfants comme elle... 

J'ai de la peine aussi pour ces petites restaveks, enfants-esclaves souvent maltraitées par leur patronne, qui dorment sous la table et sont nourries comme les chiens. Petites filles au regard éteint, sans espoir.  Il ne faut pas trop penser en Haïti, on pleurerait sans cesse...

Et ces jeunes que j'ai rencontrés à l'orphelinat aux Gonaïves, fougueux, heureux, instruits, brillants!  Quel avenir les attend quand ils auront 18 ans et qu'ils seront lâchés à eux-mêmes dans une ville perdue, détruite?  Leur seul espoir : l'école de métiers mais serons-nous capables de la réaliser?  Et quand?  Comment? 

Tant de questions, tant de besoins, tant de doutes, tant de chagrin...

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25 janvier 2009

Le meilleur gigot d'agneau

Avant que je la perde, je vous met ici la recette ultime de gigot d'agneau, au menu ce soir avec une bonne salade, du riz basmati et des légumes.  Et comme dessert, un petit gâteau aux poires, miam miam!

Gigot d’agneau de Louise

Préparation: 25 minutes
Cuisson:  50 minutes
Portions:  4

Ingrédients

1 gigot d’agneau frais du Québec de 3 livres (1,5 kg) désossé, tout gras visible enlevé, ficelé
2 gousses d’ail pelées et dégermées, coupées en 6
2 c. à table (30 ml) de beurre
1 c. à table (15 ml) de moutarde forte (type Dijon)
1 c. à table (15 ml) d’herbes de Provence
1/4 tasse (60 ml)de vin blanc
1 tasse (250 ml) de consommé de boeuf
Sel et poivre

Méthode

1 Chauffer le four à 450°F.   

2 Faire des incisions dans le gigot et y insérer les morceaux d’ail.   

3 Badigeonner le gigot du mélange de beurre, moutarde et herbes.   

4 Assaisonner de sel et poivre.   

5 Placer le gigot dans une casserole allant au four et y verser 2 c. à table d’eau dans le fond.   

6 Cuire au four à découvert à 450°F pendant 10 minutes puis abaisser la température du four à 325°F et continuer la cuisson environ 40 minutes pour une cuisson rosée (15 minutes par livres (saignant) ou 20 minutes par livres (medium). Pour un meilleur résultat, utiliser un thermomètre à viande.   

7 Lorsque cuit, retirer du four et placer le gigot sur une assiette.   

8 Envelopper le gigot de papier d’aluminium et laisser reposer 10 à 15 minutes. Il sera plus facile à couper et aura conservé son jus parfumé.   

9 Pendant ce temps, placer la casserole sur le feu et déglacer avec le vin blanc. Ajouter le consommé et laisser réduire. Rectifier l’assaisonnement. Au goût, ajouter du Bisto (disponible en épicerie) selon l’épaisseur désirée.   

10 Servir ce plat accompagné d’un gratin dauphinois.   

Prise ici...

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24 janvier 2009

Journal de voyage 4

SAMEDI 10 JANVIER, 21H00

Nous venons de finir de souper à notre super hôtel de luxe à 176$ la nuit, tout inclus, à Moulin-Sur-Mer. Tout un contraste avec ce que nous avons vu et vécu aujourd’hui. La route pour aller aux Gonaïves est indescriptible, défoncée sur presque toute la longueur de Moulin-sur-Mer à l’Estère et on rajoute les tonnes de poussière de L’Estère à Gonaïves. Je crois que je ne serai plus jamais capable d’y retourner : certains trous sont si profonds que j’ai peur d’y rester pris ou de casser l’auto! Et la conduite est toujours infernale : c’est vraiment la loi du plus fort qui s’applique, couper ou être coupés, foncer ou rester coincés, les slaloms et l’évitement des motos, des piétons, des vélos et des autres véhicules, un vrai sport national qui ne me passionne pas vraiment!

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Youhouuu, on est là nous!

Cela nous prend environ 1h30 de Port-au-Prince jusqu’à Moulin-Sur-Mer où nous déjeunons assez pour pouvoir tenir jusqu’au soir (miam le jus d’orange et les mangues!).

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Ensuite, nous devons encore rouler environ 3 heures 30 jusqu’à l’orphelinat. Non seulement la route est affreuse mais elle est en grande partie en sable qui revole partout, couvrant de gris la nature et les malheureux qui la parcourent à pied, en tap-tap ou sur le toit d'un autobus. 

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Et, non seulement faut-il éviter les trous et les bosses mais aussi les ânes, chèvres, chiens, enfants, motocyclistes, processions funèbres, marchands, vélos, etc…

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Remarquez la nudité du paysage et des montagnes et comme nous étions "bardassés"
(et cà a été comme cà pendant 3h30!)...

Nous nous retrouvons au moins deux fois coincés dans la foule d’un marché en plein-air, trafic intense, une foule compacte, vraiment spécial et un peu stressant!

Il y'a beaucoup de rizières le long de la route mais, curieusement, le riz haïtien est plus cher que le riz blanc importé des Etats-Unis... Incompréhensible...

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Nous finissons par arriver aux Gonaïves où la désolation règne encore, 4 mois après les ouragans et les inondations. Partout des montagnes de boue, les gens travaillent encore à nettoyer leur maison ou à essayer de la reconstruire sur un amas de boue séchée. C’est sale, c’est triste, c’est anarchique, c’est désolant… Certaines maisons sont abandonnées dans la plaine encore inondée, c’est terrible.

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L’orphelinat nous semble une oasis dans un désert de misère. Les enfants se jettent littéralement sur Renette quand elle sort de l’auto et ils viennent ensuite tous nous donner un bisou à François et moi. Ils sont une centaine et tous plus adorables les uns que les autres, grands et petits. 

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L’orphelinat est magnifique, propre, très grand mais il y’a tellement d’enfants, ils doivent coucher à 2-3 par lit au moins! Mais les toilettes sont belles, tout est impeccable. C’est vraiment impressionnant!

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De gauche à droite et de haut en bas : le dortoir des filles, la réserve d'eau potable,
une des salles de bains, vue d'une partie de l'orphelinat


Quand on pense à l'endroit où Renette les avait découverts quand on cherchait des enfants à aider aux Gonaïves pour fonder notre orphelinat en 2004 :

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Les enfants sont assis sagement dans la salle de classe en plein-air qui ne sert qu’à ceux qui ne vont pas à l’école primaire ou secondaire aux Gonaïves, grâce à leurs parrains. Ils nous chantent une chanson de bienvenue qui remercie Têtes Ensemble SOS Haïti de les avoir sauvés, etc.


Nous les prenons ensuite en photo pour le parrainage, individuellement. François note leur nom sur un tableau effacable, me le passe, je le remet à l’enfant pour qu’il le tienne devant lui et « clic ». Cà roule! Au moins, ici, les enfants n’ont pas peur de nous!

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Ne sont-ils pas trop mignons?
 

Renette nous demande de leur distribuer les suçons. François se lance courageusement dans l’arène. C’est la ruée, il essaie bien de leur faire faire une ligne mais cela ne dure pas.  Distribution aussi des vêtements, souliers et ballons de soccer...

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On distribue au hasard, en essayant de repérer les plus petits avant qu’ils ne se fassent piétiner et les coquins qui essaient d’en prendre plusieurs!

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Trois grandes me prennent à part pour me demander de leur rapporter une chaîne pour le cou, des boucles d’oreille (dans une jolie boîte) et de la crème pour les cheveux, la prochaine fois. Je note leurs noms et leurs demandes. Mais y aura-t-il une prochaine fois?

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Nous allons ensuite voir le terrain que nous voulons acheter pour y construire un centre communautaire et une école de métiers. Très beau et grand terrain.

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4 grandes nous accompagnent ensuite avec Sonel, le responsable de l’orphelinat et propriétaire du terrain, chez un notaire des Gonaïves dont le bureau est situé dans une maison qui a subi l’inondation : c’est petit, sale et, surtout, sombre (pas d’électricité). Heureusement que nous avons une lampe de poche, Jean-René la tiendra pendant l’heure 30 que dureront les transactions.


Pendant ce temps, François se fait taquiner et « cruiser » par les 4 belles jeunes filles qui nous ont accompagnés et par la femme du notaire qui l’assomme de questions sur ses études, ses petites amies, etc. Pauvre François, lui qui aime tant parler ;-))

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Ensuite, nous reprenons la route vers Moulin-sur-Mer. Ouille, ouille, vraiment pas un cadeau, surtout la dernière partie entre St-Marc et Moulin-sur-Mer qui est particulièrement cabossée et se fait dans le noir. Dans les villes, c’est particulièrement stressant avec les dizaines de motos, piétons et véhicules qui slaloment autour de nous, souvent sans lumière…

 

Nous cherchons Moulin-sur-Mer pendant de longs kilomètres après St-Marc. Nous savons que l’hôtel est à peine annoncé par une pancarte trop discrète et François se souvient qu’il est situé après un trou particulièrement impressionnant. Un trou?? Un précipice, oui! Quel soulagement quand nous trouvons enfin l’hôtel! Petit dilemme au moment de payer : forfait ou pas forfait? Sans les repas, il nous en coûte 88$ pour la chambre, avec les 3 repas 176$. U.S. Nous nous décidons pour le « sans forfait » mais changeons d’idée quand nous voyons les prix des repas à la carte! Même à 40$ par personne pour les 3 repas, cà revient beaucoup moins cher que de payer à la carte où le plus petit plat principal coûte 20$! Heureusement que le préposé à l’accueil est patient. Les chambres sont grandes et agréables, le souper succulent : bisque de homard, poisson (un GROS morceau, je n’en mangerai que la moitié), riz, frites (mioum), épinards, tomates et salade de fruits. Notre forfait nous donne aussi droit à 5$ en liqueur/boisson (hé hé, un bon rhum-punch avec cà!). Pas si pire finalement!

Une petite douche fraîche (même à 176$ la nuit, on oublie l’eau chaude, mais c’est quand même mieux que l’eau glaciale à Villa Manrese!), un peu d’écriture et de lecture et dodo…

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Je suis en amour...

Quel homme... Mais QUEL HOMME!  Et sa femme n'est pas mal non plus... J'ai beau me dire que je ne suis pas rationnelle, savoir tout le défi qui l'attend, que les espoirs ne peuvent être que trop grands, qu'il faut rester critique et réaliste, je ne peux pas m'empêcher d'avoir la larme à l'oeil et le coeur battant quand je l'écoute parler de ses grands projets pour l'Amérique (http://lcn.canoe.ca/cgi-bin/player/video.cgi?file=/lcn/actualite/le_monde/20090124_barack.wmv).  Pour une fois, je suis fière de faire partie de l'Amérique de Nord.  Et, pire que cà, je serais même fière d'être américaine!  Genre, union libre Canada-USA?  Avec bien sûr un statut spécial pour le Québec? 

Je suis jalouse des américains, bon!

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22 janvier 2009

Attention les Boliviens, ILS arrivent!

Mon petit frère, ma belle-soeur et leurs 3 enfants, âgés de 11 ans (gars), 13 ans (fille) et 16 ans (gars) partent demain pour un séjour de 8 mois en Bolivie, dans le cadre d'un projet humanitaire, pas loin de la ville de Cochabamba.   Ils doivent partir pour l'aéroport à midi, c'est ma petite soeur qui va les conduire (voilà, vous connaissez maintenant toute ma famille).  Si j'étais à la place de ma belle-soeur, je serai une boule de nerfs électrique, en train de courir comme une poule sans tête (et aussi efficace d'ailleurs). Et je ne parle pas de demain matin, je n'ose imaginer mon hystérie à quelques heures d'un départ pour plusieurs mois!

Ben ma belle-soeur, non.  Plus zen que cà, y'a que François... Et encore... Demain matin, elle a accepté que les enfants aillent à l'école dire un dernier au revoir à leurs amis.  Parce qu'il faut dire que les enfants, ils ne sont pas contents du tout du tout de partir.  Alors, on essaie d'adoucir le départ comme on peut. Elle a même accepté de ramasser l'ado amoureux de 16 ans en partant à l'aéroport pour qu'il puisse être avec son amoureuse jusqu'à la fin... Et, pire que cà, elle va faire une présentation sur la Bolivie dans la classe de son plus jeune.  DEMAIN MATIN!!! 3 heures avant le départ!  Et mon frère va installer son ordinateur chez ma mère.  Avez-vous déjà installé un ordinateur?? Windows??  Cà ne prend pas 3 heures à installer, cà prend 3 semaines!!  Mais, bon, pour l'empêcher de jeter la-dite machine infernale par la fenêtre après 1h30 à niaiser dessus, je lui ai promis que, s'il avait des problèmes, Jacques irait finir l'installation... Ne le dites pas à Jacques tout de suite...

Je les envie vraiment de faire ce voyage, j'envie les enfants de vivre cette magnifique aventure ("t'es folle matante?"), mais juste à penser aux préparatifs que cà a demandé, ouf..., c'est déjà un exploit en soi!

Bon voyage Frérot!
 

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21 janvier 2009

Journal de voyage 3

VENDREDI 9 JANVIER

Lever vers 7h00. Nous nous préparons pour partir aux Cayes.  Jean-René stresse un peu car nous ne savons pas qui nous y amènera et nous ne pouvons manquer notre avion, à 12h45. À cause de la pénurie d’essence, de moins en moins de véhicules circulent.  Renette finit par être prête vers 9h40, nous allons l’attendre au coin de la rue, en espérant voir un tap-tap, après avoir dit au revoir à Ewens.

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Non mais, regardez-moi ces belles rues!!! Les petits kiosques comme on voit en arrière-plan fleurissent partout le long des routes, ce sont des kiosques de vente de billets de loto, très très populaires chez les haïtiens...

Pas de tap-tap à l’horizon.  Renette arrive et se dirige aussitôt vers un groupe de jeunes près d’un pick-up.  Elle discute avec l’un d’eux et le ramène vers nous en le tenant par le poignet « il est prêt à nous amener aux Cayes mais il n’a pas de gasoline » (comme 90% des haïtiens depuis le 31 décembre, merci aux pétrolières).  Le jeune repart vers sa gagne, il parle au téléphone et cà discute fort parmi les jeunes.  Cela fait 25 minutes que nous sommes au coin et toujours pas de tap-tap à l’horizon.  Et s’il finit par en arriver un, il risque fort d’être bondé et nous avons une dizaine de sacs en plus!  Renette retourne voir les jeunes et revient vers nous en disant qu’elle s’est arrangé avec le gars, il a assez d’essence pour aller à Port-Salut et a un contact là-bas qui lui en vendra (finalement, il nous amènera jusqu’aux Cayes -???).  Nous embarquons les bagages dans le (petit) pickup, Jean-René et Renette se tassent avec le chauffeur dans la cabine et François et moi embarquons dans la boite, dos à la cabine, rejoints par 7 haïtiens.  Pendant les 90 minutes et plus que dure le trajet, nous devons encore subir les regards étonnés, moqueurs ou rieurs des gens qui voient passer le pick-up avec des blancs.  Fatiguant mais compréhensible.

Sinon, voyage difficile : la route est très mauvaise sur une partie du voyage, le vent nous fouette le visage, et mes jambes ont des crampes à force d’être écrasées sous les valises et les gens.

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Je retrouve la terre ferme aux Cayes avec soulagement! 

Il nous faut encore nous rendre à l’aéroport!  Qu’à cela ne tienne, Renette engage 4 motocyclistes en scooter pour nous conduire avec armes et bagages à l’aéroport (15 km).  François, incrédule, regarde la montagne de sacs, les 4 passagers adultes et les petits scooters qui devront soutenir tout cà en plus de leur conducteur.  Incroyablement, tout tient!! J’embarque en amazone (robe longue oblige), aie aie aie, derrière mon chauffeur, j’agrippe sa taille d’une main et le porte-bagages de l’autre et nous voilà partis… Je m’empêche de penser à mes jambes qui pendent dans le vide, à mes sandales qui tiennent à peine, au fait que le chauffeur doit avoir un mal de chien à équilibrer tout ce poids mal réparti et aux conséquences d’une chute à cette vitesse, sans casque.  Je sens que mon équilibre est bien précaire et je n’ose même pas regarder François qui nous suit, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.  Je suis bien contente quand on finit par arriver!! Nous sommes même largement en avance et nous avons le temps de boire un peu et de relaxer avant d’enregistrer nos bagages en gardant ceux dont nous avons besoin avec nous (pas fous, on ne se fera pas prendre deux fois!).

Mais toutes nos bagages suivent, bravo, et le vol est relativement tranquille. Mais, ouf, que je trouve que cà brasse quand on passe dans les nuages, un petit avion!

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Bon, une autre heure d’ « effouarage » à l’aéroport régional de Port-au-Prince, le temps que Renette organise notre transport jusqu’à Villa Manrese puis jusqu’aux Gonaïves demain, puis elle arrive avec son cousin qui nous amène chez lui . Heureusement qu’il ne reste qu’à quelques pas de l’aéroport! Nous restons chez lui quelques heures, il est très gentil et je bavarde très convivialement avec lui pendant que Renette et Jean-René vont chercher l’auto louée.  Il nous fait visiter sa boulangerie et goûter à son pain encore chaud.  Un vrai délice !   François joue avec les deux plus jeunes filles du cousin de Renette, Laurie, 8 ans et Naticha, 3 ans, et tous les 3 développent une belle complicité.  Je ne sais pas qui des deux petites filles ou de François a été le plus malheureux de devoir partir.  Les petites ont demandé à François quand il reviendrait, Laurie lui a donné son numéro de téléphone et François a demandé à Renette si on retournerait les voir avant de reprendre l’avion.

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Bon, 17h00, il est temps de partir à Villa Manrese si nous ne voulons pas manquer le repas.  Circulation toujours impossible à Port-au-Prince mais nous finissons quand même par arriver, à 17h45.  Je surveille les bagages dans l’hôtel pendant que Renette et Jean-René s’occupent de l’auto.  En voyant les dizaines de jeunes hommes qui circulent partout dans la Villa, je m’inquiète un peu pour notre réservation et, comme de fait, la responsable nous dit que nous n’aurions pas dû pouvoir réserver, que tout l’hôtel est occupé.  Heureusement, elle finit par nous trouver 4 chambres, toutes avec salle de bain : le jeu bien typique des haïtiens, quoi! 

Excellent souper de hot-dogs, riz, viande… Le riz haïtien est tellement bon (heureusement car on en mange à tous les repas!). 

Ensuite, malgré notre besoin pressant d’aller au dodo, il nous faut aller payer et organiser nos bagages pour les entreposer pendant notre séjour aux Gonaïves.  Nous partons demain à 6 heures du matin. Ensuite, dodo! 

Enfin…….. quand le roman-savon tonitruant écouté par quelques locataires et les douches de la toilette commune voisine seront terminés……

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20 janvier 2009

Pour bien commencer la journée...

http://www.dominicarpin.ca/t-mobile-dance-1864.html

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17 janvier 2009

Journal de voyage 2

JEUDI 8 JANVIER

J’écris de notre chambre à Roche à Bateau. Eh oui, en effet, on entend bien les vagues…et les coqs…et les chiens…et la chèvre… et le cochon égorgé tôt ce matin! Les Gravols nous ont quand même aidés à dormir un peu, heureusement. Réveil brutal sous la piqure de fourmis rouges qui , je le découvre, se promènent en longue procession de la fenêtre au plancher, à la tête de mon lit…

Nous profitons de la lumière matinale pour découvrir un peu plus notre environnement, étant arrivés dans la nuit hier soir. Bien sûr, c’est la mer qui nous attire et, surtout, les scènes bucoliques qui se déroulent devant nous, alors que les marchandes se dirigent vers le marché hebdomadaire de Roche à Bateau, à quelques centaines de mètres de la maison.

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François découvre rapidement les inconvénients d’être de la « mauvaise » couleur et de faire partie de la minorité très visible. Nous attirons tous les regards et les jeunes curieux collent à nos basques dès que nous mettons le nez dehors. 

Nous déjeunons tranquillement de gruau et de pain beurré. Et de bon café haïtien, bien fort.  Renette a dû fortifier les murs entourant sa maison en rajoutant des barbelés et de la vitre cassée sur le dessus, les enfants du village n’hésitant pas à grimper sur le mur pour les observer à longueur de journée…

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Comme nous prévoyons manger du poisson à midi, il nous faut aller l’acheter frais pêché au marché. L’excitation de vivre un tel évènement est vite remplacée par l’agacement et le malaise d’être dévisagés et interpellés sans arrêt, surtout par les enfants « blanc, blanc! ». François demande rapidement grâce et nous nous dépêchons de lui trouver des sandales avant de sortir de cette foule harcelante. J’ai aussi acheté une jolie robe soleil réversible parmi les nombreux vêtements usagés offerts par les marchandes. Nos bagages ne sont pas encore arrivées et nous ne sommes pas sûrs de les avoir un jour! Je ne regretterai d’ailleurs pas mon achat, ce sera le vêtement le plus pratique et le plus porté de mon voyage…


Avant de rentrer dans la maison de Renette, François prend un bain de mer pendant que je l’attend, assise sur la plage en compagnie de 4-5 jeunes garçons curieux mais amicaux.

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Je vais visiter l’école et la maison des personnes âgées dont Renette s’occupe. Nous rencontrons ses protégés, dont l'un, aveugle, est accompagné par sa toute petite femme triste qui s'occupe de lui jour et nuit. Quelle tristesse! 

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Je n’en crois pas mes yeux quand Renette me montre une minuscule pièce où dorment un couple et ses 7 enfants! Et où s’est rajoutée une maman squatteuse et sa toute petite fille, visiblement en état de malnutrition. François la nourrit à la cuillère.

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En arrière-plan, le papa et 3 de ses 7 enfants.  Ils dorment tous les 9 dans cette pièce minuscule :

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Dans l’école, l’enseignante classe une boîte de dons envoyée par une enseignante canadienne : c’est un scandale, une vraie poubelle, ma boîte de recyclage contient plus de trésors que cette horreur! Je suis vraiment indignée.

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Nous aidons ensuite Evans (un des protégés de Renette) à écosser des fèves pour le repas du midi.

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14h30 : yes, les nouvelles sont bonnes! Les bagages sont finalement arrivées et le neveu de Renette nous les amène. Nous avons commencé la distribution du riz et des souliers donnés par « Food for the Poor. Un des sacs de riz est totalement impropre à la consommation, plein de bibittes, de cancrelats, pestilentiel, beurk, et les souliers, bien que neufs, ont l’air d’avoir été trempés dans l’huile et leurs semelles sont à moitié décollées. Drôle de don! 

François assiste à la décapitation de notre souper, son air écoeuré fait bien rire la cuisinière, surtout quand l’un des poulets, bien que « mort » depuis 10 minutes, reprend soudainement vie alors que nous venons de l’apporter à la cuisine, saute hors du panier et court partout, sans tête… François suit avec intérêt la suite des opérations.

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Poisson à midi, miam!

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 En début de l’après-midi, les enfants du village se réunissent à notre école, à l’occasion de notre visite. Ils nous chantent une chanson de bienvenue et nous distribuons des bonbons et des sucettes.

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Quelques points saillants de la journée :

 - Distribution de souliers en après-midi : mes 4 sacs étant enfin arrivés, nous pouvons distribuer les souliers que j’ai apportés. Renette doit sévir et surveiller car, malgré les consignes, les gens prennent plus d’une paire de souliers chacun et en remplissent même des sacs! Et mes lunettes de soleil, posées négligemment sur une table, sont subtilisées.

 

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- Une petite fille restavek vient voir Renette, envoyée par sa patronne car elle a de la fièvre. Renette lui donne du Tylénol. Le soir, on prend des nouvelles, elle va mieux. Elle est revenue le lendemain matin, je lui ai trouvé des souliers. Pauvre cocotte… Renette se propose d'ouvrir une classe d'alphabétisation l'après-midi pour les enfants-esclaves comme elle et pour les plus vieux qui n'ont jamais été à l'école, je lui offre de payer un autre professeur pour ces enfants.  Après tout, je travaille maintenant!

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 - Renette nous fait faire un tour du village à pied. Les rues sont magnifiques, pavées luxueusement grâce à un don des Taïwanais qui sont venus, en plus, les construire. Un peu bizarre quand même de mettre autant d’argent sur les rues alors que les gens meurent de faim autour!

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        La curiosité que nous soulevons sur notre passage est dérangeante, les petits enfants ont peur, certains pleurent quand nous passons près d’eux et des grands s’amusent à les pousser vers nous pour le plaisir de les voir hurler plus fort. Un peu traumatisant. Nous assistons de loin à une guéguerre (combat de coqs).

 - Ewens, le protégé d’un de nos amis ici, passe la journée à aider Renette. Il est très gentil mais j’ai de la peine quand il me demande d’écrire son numéro de téléphone. Qu’est-ce qu’il espère? Que je l’inviterai au Canada?? Il y’a tant de misère partout…

 - Le soir, nous mangeons le poulet, miam! Sauf Jean-René qui est malade : la Turista a frappé!

-      Tard en soirée, Renette accueille un de ses vieux pensionnaires pour lui essayer le costume chic qu'elle lui a apporté.  C'est un costume en prévision de ses funérailles et, devant mon air stupéfait, elle m'explique que l'un des grands chagrins de ces gens très pauvres est de ne pas pouvoir être habillé décemment dans leur cercueil.  Et, comme de fait, le vieux monsieur est heureux comme un roi de se voir habillé en roi et de savoir qu'il sera beau à son enterrement!

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Posté par Mamounia à 10:34 - Haïti et adoption - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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