VENDREDI 9 JANVIER

Lever vers 7h00. Nous nous préparons pour partir aux Cayes.  Jean-René stresse un peu car nous ne savons pas qui nous y amènera et nous ne pouvons manquer notre avion, à 12h45. À cause de la pénurie d’essence, de moins en moins de véhicules circulent.  Renette finit par être prête vers 9h40, nous allons l’attendre au coin de la rue, en espérant voir un tap-tap, après avoir dit au revoir à Ewens.

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Non mais, regardez-moi ces belles rues!!! Les petits kiosques comme on voit en arrière-plan fleurissent partout le long des routes, ce sont des kiosques de vente de billets de loto, très très populaires chez les haïtiens...

Pas de tap-tap à l’horizon.  Renette arrive et se dirige aussitôt vers un groupe de jeunes près d’un pick-up.  Elle discute avec l’un d’eux et le ramène vers nous en le tenant par le poignet « il est prêt à nous amener aux Cayes mais il n’a pas de gasoline » (comme 90% des haïtiens depuis le 31 décembre, merci aux pétrolières).  Le jeune repart vers sa gagne, il parle au téléphone et cà discute fort parmi les jeunes.  Cela fait 25 minutes que nous sommes au coin et toujours pas de tap-tap à l’horizon.  Et s’il finit par en arriver un, il risque fort d’être bondé et nous avons une dizaine de sacs en plus!  Renette retourne voir les jeunes et revient vers nous en disant qu’elle s’est arrangé avec le gars, il a assez d’essence pour aller à Port-Salut et a un contact là-bas qui lui en vendra (finalement, il nous amènera jusqu’aux Cayes -???).  Nous embarquons les bagages dans le (petit) pickup, Jean-René et Renette se tassent avec le chauffeur dans la cabine et François et moi embarquons dans la boite, dos à la cabine, rejoints par 7 haïtiens.  Pendant les 90 minutes et plus que dure le trajet, nous devons encore subir les regards étonnés, moqueurs ou rieurs des gens qui voient passer le pick-up avec des blancs.  Fatiguant mais compréhensible.

Sinon, voyage difficile : la route est très mauvaise sur une partie du voyage, le vent nous fouette le visage, et mes jambes ont des crampes à force d’être écrasées sous les valises et les gens.

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Je retrouve la terre ferme aux Cayes avec soulagement! 

Il nous faut encore nous rendre à l’aéroport!  Qu’à cela ne tienne, Renette engage 4 motocyclistes en scooter pour nous conduire avec armes et bagages à l’aéroport (15 km).  François, incrédule, regarde la montagne de sacs, les 4 passagers adultes et les petits scooters qui devront soutenir tout cà en plus de leur conducteur.  Incroyablement, tout tient!! J’embarque en amazone (robe longue oblige), aie aie aie, derrière mon chauffeur, j’agrippe sa taille d’une main et le porte-bagages de l’autre et nous voilà partis… Je m’empêche de penser à mes jambes qui pendent dans le vide, à mes sandales qui tiennent à peine, au fait que le chauffeur doit avoir un mal de chien à équilibrer tout ce poids mal réparti et aux conséquences d’une chute à cette vitesse, sans casque.  Je sens que mon équilibre est bien précaire et je n’ose même pas regarder François qui nous suit, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.  Je suis bien contente quand on finit par arriver!! Nous sommes même largement en avance et nous avons le temps de boire un peu et de relaxer avant d’enregistrer nos bagages en gardant ceux dont nous avons besoin avec nous (pas fous, on ne se fera pas prendre deux fois!).

Mais toutes nos bagages suivent, bravo, et le vol est relativement tranquille. Mais, ouf, que je trouve que cà brasse quand on passe dans les nuages, un petit avion!

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Bon, une autre heure d’ « effouarage » à l’aéroport régional de Port-au-Prince, le temps que Renette organise notre transport jusqu’à Villa Manrese puis jusqu’aux Gonaïves demain, puis elle arrive avec son cousin qui nous amène chez lui . Heureusement qu’il ne reste qu’à quelques pas de l’aéroport! Nous restons chez lui quelques heures, il est très gentil et je bavarde très convivialement avec lui pendant que Renette et Jean-René vont chercher l’auto louée.  Il nous fait visiter sa boulangerie et goûter à son pain encore chaud.  Un vrai délice !   François joue avec les deux plus jeunes filles du cousin de Renette, Laurie, 8 ans et Naticha, 3 ans, et tous les 3 développent une belle complicité.  Je ne sais pas qui des deux petites filles ou de François a été le plus malheureux de devoir partir.  Les petites ont demandé à François quand il reviendrait, Laurie lui a donné son numéro de téléphone et François a demandé à Renette si on retournerait les voir avant de reprendre l’avion.

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Bon, 17h00, il est temps de partir à Villa Manrese si nous ne voulons pas manquer le repas.  Circulation toujours impossible à Port-au-Prince mais nous finissons quand même par arriver, à 17h45.  Je surveille les bagages dans l’hôtel pendant que Renette et Jean-René s’occupent de l’auto.  En voyant les dizaines de jeunes hommes qui circulent partout dans la Villa, je m’inquiète un peu pour notre réservation et, comme de fait, la responsable nous dit que nous n’aurions pas dû pouvoir réserver, que tout l’hôtel est occupé.  Heureusement, elle finit par nous trouver 4 chambres, toutes avec salle de bain : le jeu bien typique des haïtiens, quoi! 

Excellent souper de hot-dogs, riz, viande… Le riz haïtien est tellement bon (heureusement car on en mange à tous les repas!). 

Ensuite, malgré notre besoin pressant d’aller au dodo, il nous faut aller payer et organiser nos bagages pour les entreposer pendant notre séjour aux Gonaïves.  Nous partons demain à 6 heures du matin. Ensuite, dodo! 

Enfin…….. quand le roman-savon tonitruant écouté par quelques locataires et les douches de la toilette commune voisine seront terminés……