Trajet_voyage

Le trajet de notre voyage : de Port-au-Prince aux Cayes, en avion, des Cayes à Roche à Bateau dans la boite d'un pick-up aller-retour, avion pour revenir aux Cayes puis 4X4 loué et chauffeur pour le reste du voyage (le luxe!) sans oublier un petit tour en moto-taxi!


MARDI 6 JANVIER

Nuit affreuse malgré 2 gravols et beaucoup d’exercices de visualisation (“je dors, je dors, je dors, je dors, je VEUX DORMIR!”).  Réveil brutal après environ 2 heures de sommeil. 30 minutes pour se préparer et départ pour l’aéroport dans le début du trafic de Montréal. Je laisse François avec les 4 bagages (pesés, délestés et repesés la veille) et vais stationner à l’Econoparc. Je laisse mon manteau d’hiver dans l’auto et je m’en vais geler au coin le temps que la navette arrive. Ticket de stationnement dans le sac à dos où je parie à 10 contre 1 que je ne le retrouverai jamais (incroyable, je l’ai retrouvé à la fin du voyage!). 

On repèse les bagages à l’aéroport, ouf, la plus lourde valise pèse 22.8 kilos, 200 grammes sous la limite permise! Quelques transferts de dictionnaires et on passe à l’enregistrement. Nos passeports sont échus dans 2 mois, les accepteront-ils? Ouf, cà passe! Je n’en reviens pas, tout a bien été, les bagages se dirigent vers l’avion (espérons vers le bon) et nous vers le Tim Horton. En ouvrant mon sac de cabine, je découvre un… tire-bouchons (???), heureusement avant de passer aux douanes! Il restera sur la table du Tim Horton.

Évidemment, je sonne aux douanes (souliers). Dans la salle d’embarquement, je vais remplir nos 4 bouteilles d’eau (passées vides aux douanes), très important d’avoir de l’eau en arrivant à Port-au-Prince!

Notre avion nous attend…

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L’embarquement se fait à l’heure et le voyage se déroule sans histoires...

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...Sauf à l’atterrissage alors que le pilote « manque » (??) son premier atterrissage et doit remonter et refaire un tour pour essayer de nouveau. Très stressant.

Surprise à l’arrivée : un homme nous attend avec une pancarte portant nos noms (mal orthographiés mais reconnaissables quand même) et nous dirige vers le salon diplomatique où on s’occupe de nos documents et d’aller chercher nos bagages! La grande vie! Pendant ce temps, nous nous écrasons dans des fauteuils, à l’air presque climatisé.

Renette arrive, nous discutons en attendant nos bagages qui arrivent environ 1h30 plus tard.

On embarque tout dans un gros 4X4 déglingué et direction Villa Manrese, dans les hauteurs de Port-au-Prince. Sacrées côtes, on se demande si l’auto résistera!

Villa Manrese : oasis de fraicheur et de paix. François se change en short : mal lui en prend, il se fait avertir par une sœur… en robe pas mal courte! Je me change en jupe, intimidée par l’air sévère de la sœur sexy.

L’hôtel domine Port-au-Prince, grandiose au niveau de son architecture et de son environnement : palmiers, bananiers, arbres fleuries, cajous (arbres de noix d’acajou), oiseaux-mouches, hirondelles et oiseaux-chanteurs. Rajoutez une petite brise et il est facile d’oublier les bidonvilles sur les montagnes environnantes! Les chambres sont ultra-simples, l’électricité souvent défaillante (mais un système de génératrices compense).

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 Souper à 18h00, pas question d’être en retard. Au menu : lasagne, riz aux pois, soupe au giraumon (miam), bœuf, ragoût d’aubergine au bœuf, patates roties (canadiennes et haïtiennes), flan avec biscuits maison.

Après notre journée et la courte nuit de la veille, nous sommes épuisés. Dodo à 19h15! Sommeil très entrecoupé par le chant des coqs, les aboiements, un moustique…

 

MERCREDI 7 JANVIER

Réveil à 5h30, avec le concert des oiseaux et des coqs. A 6 heures, joli chœur dans la chapelle et déjeuner à 7h00. Je vais payer ensuite : 2650 gourdes pour la nuit avec déjeuner et souper pour deux personnes (= environ 33$ par personne, très raisonnable!).

11h15 : nous sommes à l’aéroport régional de Port-au-Prince, pour attendre notre vol vers les Cayes après un voyage exceptionnellement éprouvant entre l’hôtel et l’aéroport. Mettons que je me serais passée des 30 minutes à attendre Renette coincés avec notre chauffeur pas plus rassuré que nous, à quelques pas d’un des pires bidonvilles, Carrefour, harcelés par des mendiants et par les vendeurs ambulants, à moitié asphyxiés par la pollution des moteurs avec plomb. Le chauffeur m’explique que, depuis le 31 décembre, l’essence est très difficile à trouver en Haïti, le gouvernement ayant forcé les pétrolières à baisser leurs prix et celles-ci ayant réagi en fermant les stations-services en prétextant un problème d’approvisionnement. D’où les énormes blocus (bouchons) un peu partout aux rares endroits qui distribuent encore de l’essence. François est bien embarrassé par un vieux mendiant qui s’accroche à sa fenêtre et le supplie jusqu’à ce que notre chauffeur lui donne une pièce. Je lui conseille de fermer sa fenêtre et vite, mais évidemment, bonjour la chaleur! Un jeune garçon fouille les poubelles à côté de nous. C’est terrible…

13h00 : j’ai survécu au voyage en PETIT avion! Seules mes oreilles protestent encore un peu des changements de pression. De belles vues « cartes postales » sur la mer, avec ses petits bateaux à voile et à rame, un immense banc de dauphins et… bien de la pollution aux abords des villes et villages.

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François et Renette sont allés chercher notre diner au petit restaurant à côté de l’aéroport des Cayes. Espérons que leur nourriture sera…saine!

21h00 ou 22h00 ou aucune idée finalement! : Je ne peux pas croire que je viens de passer 1h30 à avaler de la poussière à l’arrière d’un pick-up déglingué sur une route dont une partie aurait été jugée non-carrossable chez nous, en compagnie de 13 autres adultes et d’un enfant. On rajoute les commentaires un peu trop admiratifs d’un haïtien en âge d’être mon père lorsqu’il a découvert qu’il voyageait en face d’une blanche (la nuit, tous les chats sont gris)… Heureusement que je n’ai pas tout compris ce qu’il disait en créole « belle femme » ,  « peau-là belle, belle », etc…. Heureusement que Jean-René était là pour répondre à ma place, quoique je soupconne qu’il n’ait pas cherché à éteindre le feu mais plutôt à l’alimenter! Heureusement, mon bruyant admirateur est sorti assez vite, avant que la transaction de vente ne soit finalisée…

Avant de nous retrouver dans ce pick-up qui nous amenait des Cayes à Roche-à-Bateau, nous avons passé quelques heures aux Cayes à attendre nos bagages et des sacs de riz donnés par Food for the Poor et amenés par camion de Port-au-Prince aux Cayes. Nos bagages ne nous ont pas suivi dans le petit avion mais on nous les a promis pour le vol suivant à 4 heures, et le riz devait arriver vers la même heure. Finalement, le riz arrive vers 18h00, les bagages pas avant demain. Peut-être. Heureusement, Renette a de nombreux contacts, donc c’est l’un d’eux qui ira vérifier le vol de midi demain et nous amènera les bagages si ils arrivent finalement! En attendant, nous nous promenons dans la ville, dans le marché (aux odeurs pas toujours intéressantes) et le long des petits stands de rue. 

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La seule banque de la région est envahie de monde jusque dans la rue, un garde refoule les gens et ne les laisse rentrer qu’au compte-gouttes. Nous avions besoin d’y aller mais il aurait fallu y passer probablement la journée, sans garantie de résultats, alors, finalement, le besoin n’est pas si grand! Nous allons aussi chercher notre souper de demain soir : 

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Souper dans un petit restaurant aux Cayes : je goûte au lambi (chair des gros coquillages-conches typiques d’Haïti). Miam, délicieux! 

Nous sommes contents toutefois d’arriver à Roche-à-Bateau et de découvrir le petit nid en bord de mer de Renette et Jean-René. Notre chambre est immense et, quand le bruit assourdissant de l’horrible mais pratique génératrice se sera tu, il parait que nous pourrons entendre le bruit des vagues de notre lit.

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Il n’y a pas l’eau courante, nous faisons quand même une bonne toilette à la mitaine, avec le luxe d’une eau réchauffée. Merveilleux!